La signature, jeudi 4 décembre 2014 à Managua, d’un accord entre le gouvernement du Nicaragua et l’organisation non gouvernementale Panthera marque une nouvelle étape dans la protection du jaguar (Panthera onca), le plus gros félin d’Amérique. Ce protocole a été ratifié par le ministère local de l'environnement et des ressources naturelles (MARENA) et le Dr Alan Rabinowitz, président de Panthera.

Les deux parties s’engagent à identifier la distribution précise du jaguar dans le pays et les corridors empruntés par l’animal afin de favoriser la connexion entre les différentes populations de l'isthme mésoaméricain. Le ministère nicaraguayen et Panthera doivent également mettre en œuvre des mesures pour atténuer les conflits liés à la présence du prédateur et favoriser le développement économique et durable des terres agricoles.

AIRE DE REPARTITION DU JAGUAR

Aire de répartition ancienne - en rose - et actuelle  - en rouge - du jaguar. Carte dressée en octobre 2012 (carte IUCN Red List of Threatened Species & Shadowxfox).

« Le Nicaragua devient le septième État de l’aire de répartition du jaguar à s’engager dans la conservation de cette espèce emblématique », a déclaré le Dr Rabinowitz. « Cet accord constitue une avancée importante pour la survie à long terme du félin. Notre association travaillera de concert avec le gouvernement pour permettre le passage en toute sécurité à travers le pays des jaguars en particulier et de la faune sauvage en général

Corridor Nord-Sud

Bordée par l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes, la République du Nicaragua abrite une zone vitale pour le corridor mésoaméricain du jaguar. Peuplée par de nombreuses communautés indigènes, la région atlantique est la seule voie offerte aux populations septentrionales de jaguars originaires du Mexique, du Guatemala, du Belize et du Honduras pour se diriger au sud vers le Costa Rica et au-delà.

Au cours des dernières années, le Nicaragua a protégé de vastes étendues de forêts favorables aux jaguars. Toutefois, l’augmentation des terres agricoles et des infrastructures implique de nouvelles études pour préserver le passage des jaguars.

JAGUAR LA PALMYRE

Le jaguar est considéré comme quasi-menacé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ici un spécimen en captivité en mai 2013 au zoo de la Palmyre, en Charente-Maritime (photo Ph. Aquilon).

Lancés en 2008 par le biais du projet Jaguar Corridor (JCI), les efforts de conservation initiés par Panthera au Nicaragua ont permis de confirmer la présence du grand félin depuis la réserve biosphère de Mayangna-Bosawas au nord jusqu’à la réserve naturelle Indio Maíz au sud-est. Ces recherches enrichissent les connaissances sur l’état des populations et les liens entre elles, non seulement au Nicaragua mais aussi dans toute l’Amérique centrale.

Aujourd'hui, le corridor du jaguar s’étend sur près de six millions de kilomètres carrés. Il permet de relier et protéger les populations de jaguars dans les régions habitées par l’homme du Mexique à l'Argentine et d’assurer ainsi la diversité génétique et la survie de l'espèce. Actuellement, aucune sous-espèce de jaguar n’est scientifiquement reconnue par l’Union internationale pour la conservation de la nature.