Faune, nature, zoos & biodiversité

26 septembre 2016

Panthère de Perse : premières réintroductions dans le Caucase russe !

Nées en captivité, trois panthères de Perse ont recouvré la liberté, vendredi 15 juillet 2016, dans les montagnes du Caucase russe. Ce premier relâché constitue une étape cruciale dans le programme de réintroduction de cette sous-espèce (Panthera pardus saxicolor), classée depuis 1996 « en danger » d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Les trois spécimens – deux mâles et une femelle – ont vu le jour dans le centre d’élevage et de réintroduction créé en 2009 dans le parc national de Sotchi.

ARRIVEE DES TROIS LEOPARDS SUR LE SITE DE REINTRODUCTION

Les trois panthères ont été transportées par hélicoptère jusqu’au site du relâché (avec l’aimable autorisation du centre caucasien de sauvegarde du léopard).

Avant d’être confrontés au milieu naturel, ces animaux ont appris à parfaire leurs talents de prédateur et à éviter tout contact avec l’homme. « Le but de mon travail est de stimuler artificiellement leurs instincts naturels », souligne Umar Semenov, biologiste et directeur  du centre caucasien de sauvegarde du léopard, structure couvrant 12 hectares et disposant, outre la zone de reproduction, de six enclos avec arbres, mares, cachettes et structures d’escalade.

D’après les données transmises par leurs colliers émetteurs, les trois léopards relâchés cet été semblent en bonne santé et chassent comme l’espéraient les responsables du projet, ainsi que l’a confirmé fin septembre M. Semenov à BIOFAUNE.

Nouveau noyau de population

Selon un article paru le 4 mai 2016 dans la revue PeerJ, l’aire historique de répartition du léopard de Perse aurait régressé de 72 à 84 % ! D’après cette étude, la présence du félin est confirmée en Afghanistan, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Iran, en Irak, au Pakistan, en Russie, en Turquie et au Turkménistan. Elle est possible également en Géorgie et en Ouzbékistan. En revanche, elle est très improbable au Tadjikistan. Enfin, cette sous-espèce est éteinte au Liban et en Syrie.

En 2008, les spécialistes estimaient entre 871 et 1.290 le nombre d’individus matures survivant dans la nature. L’Iran abriterait actuellement 87 % de cette population sauvage.

ULTIMES PREPARATIFS

Ultimes préparatifs (photo Anton Agarkov / WWF Russie).

Jadis, la panthère de Perse était largement répandue dans l’ensemble de la chaîne caucasienne. Les effectifs ont dramatiquement chuté jusqu’au milieu du XXème siècle, le léopard s’éteignant dans plusieurs régions. Aujourd’hui, seules des populations isolées subsistent dans quelques zones montagneuses du Caucase.

« L’objectif du programme de réintroduction est de bénéficier, à terme, de noyaux de population significatifs en Iran et dans le Caucase russe permettant la survie de divers petits groupes et de la sous-espèce elle-même», explique Igor Chestin, directeur de l’antenne russe du Fonds mondial pour la nature (WWF). 

L’organisation environnementale et l'Académie des sciences de cRussie ont initié ce plan de réintroduction en 2005. En 2007, il fut approuvé par le ministère russe des ressources naturelles et de l’environnement avant de recevoir, en 2009, le soutien de Vladimir Poutine en personne.

Un couple prolifique

Le centre d’élevage et de  réintroduction a reçu ses deux premiers pensionnaires en 2009. Baptisés General et Alous, ces mâles, dont l’âge actuel est estimé à 16 -17 ans pour le premier et 12-13 ans pour le second, avaient été capturés la même année dans le milieu naturel au Turkménistan. En 2010, ils furent rejoints par deux femelles d’origine sauvage en provenance d’Iran. Cheri a vu le jour en 2008 dans la province septentrionale de Mazandaran et Mino en 2009 dans celle voisine du Golestan.

Puis, le 21 octobre 2012, le mâle Zadig et la femelle Andrea, alors respectivement âgés de 9 et 7 ans, furent transférés du zoo de Lisbonne (Portugal) en Russie avec l’accord de l'association européenne des zoos et aquariums (EAZA). Ce couple s’était déjà reproduit dans l’établissement lusitanien avec huit petits nés de trois portées.

Enfin, en juillet 2015, Simbad, un jeune mâle né le 19 juillet 2013 au Parc des félins de Lumigny-Nesles-Ormeaux (Seine-et-Marne) s’envolait à son tour pour la Russie (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2016/03/01/33446403.html).

RELACHE DE LA FEMELLE VICTORIA

La femelle Victoria s’apprête à quitter sa caisse de transport (avec l’aimable autorisation du centre caucasien de sauvegarde du léopard).

En juillet 2013, Andrea a donné le jour à deux petits, les premiers à venir au monde au centre d’élevage de Sotchi. Depuis, ce dernier a enregistré 12 autres naissances. La dernière en date a eu lieu à la mi-juin 2016 avec trois léopardeaux fruits de l’union de Cheri et Alous. Ces derniers sont aussi les parents des deux mâles relâchés mi-juillet. Baptisés Akhun et Killy, ceux-ci sont nés respectivement le 13 août 2013 et le 10 juillet 2014.

En revanche, la femelle réintroduite, baptisée Victoria et venue au monde le 11 juillet 2013, est issue de l’une des portées lusitaniennes.

Par ailleurs, les lignées des spécimens, d’origine sauvage ou captive, maintenus à Sotchi constituent un atout pour cette sous-espèce dont les populations vivant  à l’ouest et au centre de l’aire de distribution présenteraient une diversité génétique réduite.

GENEALOGIE DES LEOPARDS DU CENTRE DE REINTRODUCTION DU CAUCASE

Généalogie des léopards de Perse maintenus et nés au centre de réintroduction de Sotchi (document WWF Russie).

La menace des remonte-pentes

Si Umar Semenov espère la création d’un corridor protégé sur toute la longueur du Caucase russe afin de faciliter la dispersion des futures fratries et de prévenir la consanguinité, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent du développement touristique à l’ouest du massif. En effet, le gouvernement russe semble remettre en cause le plan de compensation environnementale prévu dans le cadre des XXIIes Jeux olympiques d'hiver, organisés en février 2014 à Sotchi.

Même si des fonds débloqués pour cette compétition ont été alloués au centre d’élevage, les infrastructures liées aux JO avaient déjà empiété sur les territoires de migration des léopards et de leurs proies, assure Igor Chestin. La construction d’une route le long de la Mzymta, un petit fleuve côtier de 89 km prenant sa source à 2.980 m d'altitude et se jetant dans la mer Noire, scinde notamment en deux un territoire essentiel pour le grand félin, là même où un individu avait été observé voici une trentaine d’années.

Et les promoteurs souhaitent maintenant étendre les domaines skiables, notamment en amont de la Mzymta. « Cette zone sépare deux populations de bouquetins », relève Anatoly Kudaktin, attaché scientifique en chef auprès de la réserve naturelle et biosphérique d’État du Caucase, soulignant l’importance d’un couloir protégé dans la vallée supérieure du fleuve.

CARTE DE LA ZONE DE REINTRODUCTION

Carte de la zone de réintroduction (document WWF Russie).

Dmitri Kozak, le vice-premier ministre en charge de l’héritage olympique, serait un partisan du développement touristique dans cette zone. À en croire le quotidien britannique The Daily Telegraph, les services de M. Kozak auraient demandé au ministère de l’environnement de faciliter de tels aménagements au sein du parc national et même de réduire la superficie de la réserve naturelle et biosphérique d'État du Caucase où les trois léopards ont été relâchés en juillet dernier !

Une hypothèse très crédible puisqu’en octobre 2015, Sergeï Donskoy, le ministre de l’environnement, a signé un décret autorisant la construction d’équipements « touristiques » dans la vallée de la Mzymta.

« Comme promis en 2012, ce secteur devrait être inclus dans une zone élargie du site du Caucase de l'Ouest figurant sur liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, déclare Igor Chestin. La Russie rompt l’engagement fait auprès de l’Unesco et du comité international olympique. » Un groupe d’experts des Nations unies a d’ailleurs réagi, estimant les revirements des autorités russes susceptibles de compromettre la réintroduction de la panthère de Perse.

LE PARC NATIONAL DE SOTCHI EN HIVER

Vue hivernale du parc national de Sotchi (photo Skas).

Espoir présidentiel

Selon le magazine National Geographic, un amendement législatif présenté en juin dernier devant le Parlement permettrait la construction d’infrastructures touristiques dans des réserves strictement protégées. Cette disposition aurait été adoptée sous la pression du lobby des stations de ski de la région de Sotchi, soupçonnent certains défenseurs de l’environnement.

Aux yeux de l’antenne russe du WWF, la présence de stations de ski dans la haute vallée de la Mzymta reviendrait à réduire un programme d’ampleur international à un simple projet local avec, à la clef, 30 ou 40 spécimens isolés dans la réserve naturelle du Caucase.

Une inconnue de taille demeure dans cet épineux dossier : quelle sera la position de Vladimir Poutine ? Le président russe faisant volontiers état de son intérêt pour les grands félins, les protecteurs du léopard veulent garder espoir…

RELACHE DU MALE KILLY

Équipé de son collier émetteur, le mâle Killy court vers la liberté (avec l’aimable autorisation du centre caucasien de sauvegarde du léopard).

Appel aux zoos européens

Pour les experts, seul un effectif minimal d’une cinquantaine d’adultes permettra le maintien d’une population stable dans la région. « Les prochaines réintroductions sont prévues pour 2018 », a annoncé M. Semenov à BIOFAUNE. Elles concerneront cinq des six panthères nées en 2016 : les trois jeunes du couple Cheri/Alous et les deux de la paire portugaise dont un petit n’a pas survécu.

Ces relâchés auront lieu dans des zones différentes pour éviter la consanguinité. Des recherches sont actuellement menées pour trouver les sites adéquats.

AKHUN AU CENTRE CAUCASIEN DE SAUVEGARDE ET DE REINTRODUCTION DU LEOPARD DE PERSE

Le mâle Akhun en février 2016, lors de sa phase de préparation à la vie sauvage (photo-trap centre caucasien de sauvegarde du léopard).

En revanche, malgré tous les espoirs générés par son transfert en Russie, Simbad ne sera vraisemblablement pas relâché dans les forêts du Caucase. « Il n’a pas peur des hommes », a expliqué Umar Semenov à BIOFAUNE. Pour autant, le léopard né au Parc des félins reste précieux pour les responsables du centre de Sotchi, en quête d’une femelle avec laquelle l’apparier.

Umar Semenov reste convaincu que des individus nés dans des établissements zoologiques peuvent retrouver la liberté. « Deux conditions sont essentielles, précise le biologiste russe. Le protocole d’élevage et un transfert vers le centre de réhabilitation entre 14 et 16 mois. »

« J’espère que des zoos européens rejoindront notre programme et pourront transférer de jeunes léopards vers notre structure afin que nous préparions leur retour dans la nature. »

Aux parcs zoologiques du Vieux Continent de mener à bien cette mission.

 

En France, six établissements hébergent des panthères de Perse : le zoo de La Barben (13), le ZooParc de Beauval (41), le zoo de Champrepus (50), le refuge de l’Arche (53), le parc zoologique d’Amnéville (57) et le Parc des félins (77).

Cette sous-espèce est également maintenue au parc zoologique Dählhölzli (Tierpark Dählhölzli) de Berne, en Suisse.

Voici le lien vers une vidéo du relâché :

Sources : WWF Russie, The Daily Telegraph, National Geographic, UICN.


10 septembre 2016

Le Népal s’apprête à donner quatre rhinocéros indiens à la Chine

Dimanche 10 juillet 2016, le gouvernement du Népal a accepté la suggestion du ministère des forêts et de la conservation des sols d’offrir à la Chine deux couples de rhinocéros indiens « dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux États et pour la sauvegarde à long terme de la biodiversité ».

En janvier 2016, les autorités chinoises avaient évoqué leur souhait de recevoir des rhinocéros indiens lors d’une visite dans l’empire du Milieu d’Agni Agni Prasad Sapkota, ministre népalais des forêts.

Ce don d’animaux vivants à un autre État est le premier consenti par le Népal depuis 2007. Auparavant, l’organisation environnementale King Mahendra Trust for Nature Conservation - rebaptisée National Trust for Nature Conservation (NTNC) en 1982 - offrait, sous le patronage de la famille royale, des animaux à des zoos étrangers situés notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et à Singapour.

COUPLE DE RHINOCEROS INDIEN DANS LE PARC NATIONAL NEPALAIS DE CHITWAN

Couple de rhinocéros indiens en juin 2013 dans le parc national de Chitwan, situé au pied de l’Himalaya dans la partie népalaise de la plaine indo-gangétique (photo Manisamg).

« Pour nous, c’est une bonne nouvelle que la Chine veuille, à travers le rhinocéros, établir un nouveau champ de coopération pour la sauvegarde de la biodiversité », estime Maheshwar Dhakal, directeur général adjoint du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune sauvage (DNPWC).

Jadis, l’aire de répartition du rhinocéros indien s’étendait du nord du Pakistan jusqu’à la frontière indo-birmane en passant par le Népal, le Bangladesh et le Bhoutan. Il est possible que l’espèce ait été présente aussi en Birmanie, en Chine méridionale et en Indochine. Aujourd’hui, elle survit à l’état sauvage uniquement en Inde et au Népal.

Deux couples originaires du parc de Chitwan

Selon Sherdan Rain, ministre népalais de l’information et des communications, quatre adultes - deux mâles et deux femelles - seront donnés à la Chine. Ces quatre spécimens doivent être prélevés sur la population du parc national de Chitwan. Créée en 1973 et inscrite depuis 1984 sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), cette aire protégée de 932 km2 abrite officiellement 600 des 645 rhinocéros indiens recensés dans le pays (*). Au milieu des années 1960, la population népalaise de rhinocéros était évaluée à moins d’une centaine d’individus !

Le Népal s’enorgueillit d’ailleurs de ses remarquables résultats dans son combat contre le braconnage, avec aucun crime enregistré pendant trois des cinq dernières années. Malheureusement, après deux années consécutives sans braconnage, un rhinocéros adulte a été  victime des trafiquants cet été. Samedi 20 août 2016, ce mâle âgé d’une quinzaine d’années avait été blessé par balles à la tête et à une cuisse dans une forêt du district de Rautahat, près du parc de Chitwan. Les braconniers s’étaient lancés à sa poursuite mais avaient pris la fuite après avoir croisé des habitants. Dès le lendemain, le rhinocéros avait été transporté dans l’enceinte du parc national de Chitwan où il a finalement succombé mardi 6 septembre 2016.

PANNEAU DE SENSIBILISATION DANS LE PARC NATIONAL DE CHITWAN

Panneau de sensibilisation dans le parc national de Chitwan (photo Smnbhattarai).

Situé sur les anciens territoires de chasse de la famille royale et couvrant 968 km2, le parc national de Bardia héberge 34 individus, tandis que les réserves fauniques de Suklaphanta et de Parsa en accueillent respectivement huit et trois.

Ces données tiennent compte du relâché, début mars 2016, de cinq rhinocéros originaires du parc national de Chitwan dans celui de Bardia. Le précédent transfert du premier vers le second remontait à 2003 !

Des experts divisés

Un plan controversé prévoit le déplacement de 20 à 30 individus entre ces deux zones protégées d’ici trois ans. Cette initiative provoque en effet la colère de certains défenseurs de l’environnement estimant le parc national de Bardia « peu sûr » : le dernier recensement avait fait état de la présence de 29 pachydermes alors que 70 rhinocéros avaient été transférés entre 1985 et 2003 de Chitwan vers la vallée de Bardiya, au sein du parc national de Bardia. Souvent cité en exemple dans la lutte contre la chasse illégale, le parc national de Chitwan a seulement perdu trois spécimens depuis 2010, dont le dernier le 2 mai 2014.

RHINOCEROS INDIEN DANS LE PARC NATIONAL DE BARDIA AU NEPAL

Rhinocéros unicorne dans le parc national de Bardia, au sud-ouest du Népal (photo Krish Dulal).

Les partisans du programme, soutenu par l’antenne népalaise du Fonds mondial pour la nature (WWF), jugent pourtant cet argument réducteur. À leurs yeux, ce dernier dépeint de façon partiale l’histoire et les enjeux de la sauvegarde des rhinocéros au Népal. Ils rétorquent qu’entre 2000 et 2006, le parc national de Chitwan a enregistré une chute de 31 % de ses effectifs, tombés de 544 à 372 individus, essentiellement en raison du braconnage. Celui-ci s’était envolé durant la  guerre civile népalaise ayant déchiré le pays de 1996 à 2006 et contraint une partie de l’armée à délaisser la protection des parcs nationaux.

Depuis, la surveillance de ces régions a été renforcée. À Bardia, le nombre de gardes - aujourd’hui de 33 - a presque doublé et le parc n’a officiellement subi aucun acte de braconnage depuis 2010 ! Dans le passé, les soldats abandonnaient certaines zones du parc lors de la mousson à cause des risques d’inondation, laissant alors le champ libre aux trafiquants. Aujourd’hui, ils maintiennent leurs positions toute l’année tandis que les actuels lieux de relâchés seraient moins exposés aux inondations.

Le spectre de la tuberculose

« J’ai personnellement visité les sites où les rhinocéros seront libérés, assure Fanindra Raj Kharel, directeur général du DNPWC. Je me suis assuré que nous avions tout mis en œuvre pour maintenir les rhinocéros sains et saufs dans leur nouvel environnement. Leur sécurité constitue notre principal défi. Nous avons une solide expérience dans ce domaine et nous sommes confiants. »

1515 RHINOCERVS DE DURER

Le plus célèbre rhinocéros indien est sans doute celui immortalisé par le dessinateur et graveur allemand Albrecht Dürer (1471-1528) au XVIème siècle (1515 RHINOCERVS, gravure sur bois par Albrecht Dürer, 1515, British Museum, Londres (Royaume-Uni).

Toutefois, une autre menace inquiète les spécialistes puisque, jeudi 3 mars 2016, un article publié dans la revue Emerging Infectious Diseases mentionnait la découverte d’un cas de tuberculose sur une femelle retrouvée morte, à la mi-février 2015, dans la zone tampon située à l’ouest du parc national de Chitwan. Cet animal aurait été infecté par une nouvelle souche bactérienne (Mycobacterium orygis).

Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur les conséquences éventuelles de cette annonce sur le programme de « relocalisation » des rhinocéros entre les deux parcs nationaux népalais.

Visite reportée

Les détails concernant le choix des spécimens destinés à la Chine, les conditions de transfert et les sites précis devant accueillir les pachydermes n’ont pas encore été dévoilés. Les rhinocéros seront officiellement offerts au président de la République populaire de Chine Xi Jinping lors d’une visite au Népal prévue d’ici le mois d’octobre 2016.

En contrepartie des quatre rhinocéros, la Chine doit fournir une aide financière et technique au laboratoire médico-légal de Bhaktapur, collaborer à la création d’un centre international des forêts communautaires et soutenir différents projets de protection de la faune au Népal.

Trois experts népalais devaient découvrir les futurs habitats des rhinocéros lors d’une visite programmée du 15 au 21 août 2016 en Chine. Celle-ci a finalement été reportée au début du mois de septembre dans l’attente de la constitution d’une seconde équipe, composée notamment de représentants de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites).

RHINOCEROS INDIENS AU ZOO DE BALE (SUISSE)

En 1956, le zoo de Bâle a enregistré la première naissance d’un rhinocéros indien en captivité à l’époque contemporaine. Ici deux spécimens photographiés au « Zolli » en août 2015 (photo Ph. Aquilon).

Considéré comme « en danger d’extinction » depuis 1986, le rhinocéros indien est classé depuis 2008 comme « vulnérable » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Depuis 1990, il bénéficie d’un programme européen d’élevage en captivité (EEP) de l'association européenne des zoos et aquariums (EAZA), géré par le zoo suisse de Bâle.

En France, cinq établissements hébergent des rhinocéros indiens : le Cerza (14), le zoo du bassin d’Arcachon (33), le ZooParc de Beauval (41), le parc animalier et botanique de Branféré (56) et Touroparc.zoo (71). Cette espèce est également maintenue au zoo de Bâle (Suisse) et au parc animalier de Planckendael (Belgique).

(*) Ces données ne tiennent pas compte du cas de braconnage recensé durant l’été 2016.

Sources : The Kathmandu Post, The Himalayan Times, AFP,  Hindustan Times, Mongabay.

07 septembre 2016

Connaître pour protéger : un guide de terrain au secours des requins !

Aussi méconnus que mal aimés, les requins traînent une mauvaise réputation entretenue par la presse à sensation et l’industrie cinématographique. Mieux les connaître pour mieux les protéger apparaît comme une urgence à l’heure où, d’après la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un quart d'entre eux sont menacés de disparition ! En outre, les données s’avèrent insuffisantes pour évaluer, directement ou indirectement, les risques d’extinction auxquels sont confrontées près de 45 % des espèces de requins.

Guide de terrain publié aux éditions Delachaux et Niestlé, Requins du monde entend favoriser la sauvegarde de ces fascinants poissons cartilagineux et permettre un meilleur respect de la législation internationale sur leur commerce. Selon un rapport de l’UICN dévoilé en 2013, quelque 73 millions de requins sont tués chaque année pour être commercialisés.

REQUINS DU MONDE

« À travers ces pages, nous souhaitons faire partager aux lecteurs notre amour des requins, afin de les encourager à soutenir les efforts nationaux et internationaux qui tentent de mettre fin à leur surexploitation actuelle », déclarent les auteurs, David A. Ebert et Sarah Fowler. Rédacteur d’une vingtaine d’ouvrages et de 360 articles scientifiques, le premier est directeur de programme au Pacific Shark Research Center et membre de la faculté de recherche Moss Landing Marine Laboratories aux États-Unis. La seconde a co-fondé le UK Shark Trust et la European Elasmobranch Association. Elle assure également la vice-présidence du groupe de spécialistes des requins de l'UICN.

Clé d’identification

Recensant 501 espèces dont 77 reconnues seulement depuis 2005, le livre débute par une présentation synthétique des chondrichtyens (requins, raies et chimères) puis de la biologie, de l’écologie, de la reproduction et des sens des requins. L’occasion de découvrir pourquoi les grands requins blancs (Carcharodon carcharias) nageant dans les milieux tropicaux s’avèrent plus maigres que leurs congénères évoluant dans les eaux froides.

Pour faciliter l’identification d’un individu, le guide adopte le principe de la clé de détermination, outil reposant sur une succession de choix d’après les caractères d'un spécimen. Les différentes sections taxonomiques commencent par une brève description englobant les caractéristiques morphologiques, la biologie et les statuts de pêche et de conservation des ordres et familles concernés.

REQUINS-MARTEAUX HALICORNES

Fréquentant les mers tempérées chaudes et tropicales, le requin-martin halicorne  (Sphyrna lewini) figure depuis 2007 parmi les espèces classées « en danger d’extinction ». Ici, des spécimens évoluant dans les eaux du parc national de l'île Cocos, au Costa Rica (photo Xvic).

En regard de l’illustration en couleur, la carte d’identité de chaque espèce décline les noms vernaculaire et scientifique, la longueur maximale connue - oscillant par exemple de 21 cm pour le sagre-elfe (Etmopterus perryi) à 2.100 cm pour le requin-baleine (Rhincodon typus), la distribution géographique, l’habitat, les critères d’identification, la coloration ou encore le statut sur la Liste rouge de l’UICN.

Enfin deux guides dans le guide, consacrés aux dents et aux nageoires - parties du corps à valeur économique, complètent utilement cet ouvrage et contribueront notamment à d’éventuelles identifications sur les sites de débarquement ou les marchés.

En mer comme sur terre, cet ouvrage à l’usage des observateurs novices comme des naturalistes avertis, des plongeurs et des scientifiques participe ainsi à la protection d’espèces essentielles à l’avenir des écosystèmes océaniques.

EBERT David A., FOWLER Sarah, DANDO MARC (illustrateur), Requins du monde, Delachaux et Niestlé, mai 2016, 256 p., 32 €.

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05 septembre 2016

Zoo de Bristol : les phasmes de l'île Lord Howe se sont reproduits !

Jeudi 1er septembre 2016, le jardin zoologique de Bristol (Royaume-Uni) a annoncé avoir obtenu la ponte d’œufs de phasmes de l'île Lord Howe (Dryococelus australis). Une première hors d’Australie pour cet insecte parmi les plus rares au monde.

Fin novembre 2015, l’établissement britannique avait reçu 300 œufs confiés par le zoo de Melbourne dans le cadre d'un programme international destiné à sauver cette espèce classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (lire http://biofaune.canalblog.com/archives/2015/12/02/33011030.html). D’autres œufs avaient également été adressés aux zoos de Toronto (Canada) et de San Diego (États-Unis). À Bristol, les premières éclosions avaient eu lieu début janvier 2016.

COUPLE DE PHASMES DE L'ILE LORD HOWE AU ZOO DE BRISOL

(Photo Bristol Zoo / Mark Bushell)

Trois couples reproducteurs

Mesurant jusqu’à 13 cm pour les femelles contre 10,6 cm pour les mâles, ces phasmes sont réputés être particulièrement difficiles à maintenir en captivé. Néanmoins, grâce aux compétences de l’équipe en charge des invertébrés au zoo de Bristol, six individus sont parvenus à l’âge adulte. Ils se sont accouplés et, pour la première fois hors d’Australie, de minuscules œufs ont été pondus. Les responsables du zoo anglais espèrent que ces six individus deviendront les fondateurs d’un programme d’élevage européen.

Durant près de 80 ans, le phasme de l'île Lord Howe fut présumé éteint jusqu’à ce que des alpinistes découvrent, en 1964, un spécimen mort sur la pyramide de Ball. Sur ce piton rocheux se dressant dans la mer de Tasman à quelque 600 kilomètres à l’est de l'Australie, les phasmes consomment l’extrémité des feuilles d’un unique arbuste appelé « arbre à thé » (Melaleuca howeana). En revanche, ceux détenus dans le sud-ouest de l’Angleterre sont nourris avec des plantes cultivées à leur intention par des horticulteurs spécialisés.

OEUF DE PHASME DE L'ILE LORD HOWE

(Photo Bristol Zoo / Mark Bushell)

« Je suis aux anges, assure Mark Bushell, curateur des invertébrés au zoo de Bristol. Pouvoir travailler avec ces insectes tellement menacés est un rêve devenu réalité. Et les reproduire constitue un aboutissement dans ma carrière ! Cette espèce s’avérant très délicate à élever, les six spécimens adultes ayant atteint l’âge adulte constituent un succès incroyable pour le programme mondial de conservation destiné à éloigner ces phasmes du gouffre de l’extinction. »

Les œufs devraient éclore après six mois d’incubation. Les nymphes deviendraient alors la seconde génération de phasmes de l'île Lord Howe hébergée au zoo de Bristol, avec l’espoir que les suivantes, mieux adaptées au climat anglais et aux conditions de maintenance, se reproduisent avec un succès croissant.

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02 septembre 2016

Union internationale pour la conservation de la nature : l’avenir de la planète débattu à Hawaï

Intitulé « La planète à la croisée des chemins », le congrès quadriennal de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’est ouvert ce jeudi 1er septembre 2016 à Honolulu, capitale de l'État d'Hawaï, aux États-Unis.

Jusqu’au samedi 10 septembre, des milliers de scientifiques, de chercheurs, d’universitaires, de chefs d’entreprises et de responsables politiques originaires du monde entier débattront des outils et des mesures envisageables pour mieux protéger des milieux naturels toujours plus fragiles et menacés.

Parmi les grands thèmes abordés lors de 1.500 événements figureront la protection des océans, la lutte contre le trafic des espèces sauvages, la sauvegarde de la biodiversité, l’atténuation de l’impact du dérèglement climatique ou encore la transition vers un développement plus durable. Avec, en toile de fond, cette question vitale pour l’avenir de l’humanité : comment concilier conservation de la nature et progrès humains ?

Ce congrès de l'UICN doit permettre de trouver des accords sur des sujets sensibles dans l’optique de futures échéances internationales comme la 17ème session de la Conférence des Parties à la Cites (CoP17), prévue à Johannesburg (Afrique du Sud) du samedi 24 septembre au mercredi 5 octobre 2016.

Plusieurs documents doivent être publiés durant la conférence, dont une mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées.

Selon l’UICN, plus du quart des espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction, dont 42 % des amphibiens, 34 % des conifères, 33 % des coraux, 31 % des requins et raies, 26 % des mammifères et 13 % des oiseaux !


15 juillet 2016

Union européenne : la liste des « espèces exotiques envahissantes » enfin publiée

Après des mois d’attente, la Commission européenne a publié, mercredi 13 juillet 2016, la liste des 37 « espèces exotiques envahissantes » – dont 22 présentes en France – contre lesquelles les États membres devront désormais intervenir.

D’ici moins d’un mois, le règlement européen - officiellement entré en vigueur le 1er janvier 2015 - commencera à s’appliquer.

Prévoyant d’interdire l’importation, la vente, la reproduction, la culture ou l’élevage de ces animaux et végétaux considérés comme menaçant la biodiversité européenne, ce texte était jusqu’à présent resté lettre morte faute de « cibles » clairement identifiées.

RAGONDIN A ZOODYSSEE

Ragondin en captivité au parc animalier Zoodyssée à Villiers-en-Bois, dans les Deux-Sèvres, en mai 2016 (photo Ph. Aquilon).

Les espèces concernées ne pourront donc plus être conservées, transportées, reproduites ou relâchées intentionnellement. En fonction de la propagation déjà observée, les États membres auront l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour prévenir leur développement, éradiquer toute nouvelle invasion ou encadrer et gérer les populations déjà largement installées sur le sol européen.

Cette liste très attendue a fait l’objet de longues tractations, chaque pays entendant défendre ses intérêts propres. En décembre 2015, le Parlement européen avait officiellement dénoncé la timidité de la Commission et lui avait demandé de revoir sa copie. Bruxelles avait refusé… Afin de protéger son industrie de la fourrure, le Danemark a par exemple bloqué l’inscription du vison américain (Neovison vison) sur cette liste où ne figure pas non plus le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), jugé crucial pour la sylviculture et l’apiculture hongroises…

Concrètement, les décisions finales reviendront aux États membres. L'une des possibilités offertes par la réglementation européenne sera la capture et l’enfermement jusqu'à la fin naturelle de leur vie des spécimens sauvages. Les particuliers pourront attendre le décès de leur animal, sous réserve de ne pas encourager sa reproduction. De leur côté,  les vendeurs auront deux ans pour écouler leurs stocks.

IBIS SACRES

Ibis sacrés sur le littoral de l’île de Ré (Charente-Maritime) en  août 2009 (photo Vassil).

Des programmes de détection précoce dans les ports et les aéroports doivent être rapidement instaurés. Les animaleries, les commerces de plantes et les parcs animaliers seront aussi surveillés. À terme, il serait donc probable que ces espèces - dont certaines fréquemment présentées comme le raton-laveur, le coati roux ou l'ibis sacré - ne soient plus élevées dans les établissements zoologiques européens.

Voici la liste complète - susceptible d’être révisée en permanence - de ces 37 espèces.

° Végétaux : baccharis à feuilles d’arroche ou séneçon en arbre (Baccharis halimifolia), berce de Perse (Heracleum persicum), berce de Sosnowski (Heracleum sosnowskyi), élodée crépue (Lagarosiphon major), éventail de Caroline (Cabomba caroliniana), faux arum (Lysichiton americanus), grande camomille (Parthenium hysterophorus), hydrocotyle fausse renoncule ou hydrocotyle à feuilles de renoncule (Hydrocotyle ranunculoides), jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes), jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora), jussie rampante (Ludwigia peploides), kudzu (Pueraria montana), myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), renouée perfoliée (Persicaria perfoliata).

° Mammifères, amphibiens et chéloniens : coati roux (Nasua nasua), écureuil à ventre rouge ou écureuil de Pallas (Callosciurus erythraeus), écureuil fauve ou écureuil-renard (Sciurus niger), écureuil gris (Sciurus carolinensis), grenouille taureau (Lithobates catesbeianus),mangouste de Java (Herpestes javanicus), muntjac de Reeves (Muntiacus reevesi), ragondin (Myocastor coypus), raton laveur (Procyon lotor), tamia de Sibérie ou écureuil de Corée (Eutamias sibiricus), tortue de Floride (Trachemys scripta).

° Oiseaux et hyménoptères : corbeau familier ou corneille de l’Inde (Corvus splendens), érismature rousse (Oxyura jamaicensis), frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax), ibis sacré (Threskiornis aethiopicus).

° Poissons et crustacés : crabe chinois (Eriocheir sinensis), écrevisse américaine (Orconectes limosus), écrevisse à pinces bleues (Orconectes virilis), écrevisse de Californie (Pacifastacus leniusculus), écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), écrevisse des marécages (Procambarus fallax), goujon de l’Amour (Perccottus glenii), pseudorasbora (Pseudorasbora parva).

COATI ROUX A LA RESERVE DE LA HAUTE-TOUCHE

Coati roux en captivité à la réserve de la Haute-Touche, à Obterre dans l'Indre, en avril 2015 (photo Ph. Aquilon).

Sources : Commission européenne, Le Monde, Le Point, ats.

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11 juillet 2016

Réintroduction : les marmottes de l’île de Vancouver (Canada) sortent du gouffre !

Nées en captivité au zoo canadien de Calgary, cinq jeunes marmottes de l’île de Vancouver ont retrouvé leur milieu naturel lundi 27 juin 2016, dans le cadre du programme de réintroduction mené par la Marmot Recovery Foundation. Huit autres individus, ayant également vu le jour en 2015 dans l’établissement de l’Alberta, devraient prochainement les imiter.

Les rongeurs ont été relâchés sur les pentes du mont Washington, culminant à 1.594 mètres et situé au centre-est de l’île côtière de Colombie-Britannique, sur la façade Pacifique du Canada. Si ces marmottes survivent et se reproduisent, elles contribueront à leur tour à la sauvegarde de cette espèce encore très fragile.

« Ce programme de rétablissement a une histoire assez incroyable, rappelle Adam Taylor, directeur exécutif de la fondation. Lors des premiers relâchés en 2003, seulement une trentaine de marmottes survivaient à l’état sauvage. »

MARMOTTES DE L'ILE DE VANCOUVER

Mesurant entre 65 et 70 centimètres du bout du museau à l’extrémité de la queue, les marmottes de l’île de Vancouver sont parmi les plus grosses représentantes de leur genre comptant 15 espèces. Les mâles peuvent atteindre 7,5 kilos, les femelles pesant en moyenne de 4,5 à 5,5 kilos (photo zoo de Calgary).

En 1998, environ 70 marmottes étaient recensées sur cette île plus vaste que la Belgique. Six ans plus tard, leur population totale s’élevait à moins de 130 individus, dont environ 35 dans la nature dans une unique zone couvrant moins de 10 km2 et 93 élevés en captivité.

En 2008, la marmotte endémique de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) a été classée « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).  Aujourd’hui, elle figure toujours dans cette catégorie regroupant les espèces confrontées à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage.

Vidéo de marmottes de l’île de Vancouver dans leur habitat naturel (images Vancouver Island Marmot Recovery).

Moins d’arbres, davantage de prédation

Selon certains chercheurs, l’exploitation forestière entraînant la disparition de l’habitat des rongeurs a également accru l’impact des prédateurs - essentiellement le loup (Canis lupus), le puma (Puma concolor) et l’aigle royal (Aquila chrysaetos) - sur les marmottes. Entre 1995 et 2005, leur prédation aurait représenté 80 % des causes de mortalité de l’espèce !

Lors de la première réintroduction, en 2003, trois des quatre marmottes relâchées ont d’ailleurs été tuées par un puma. La survivante a dû être capturée et remise en captivité ! L’année suivante, neuf individus retrouvèrent le milieu naturel avec davantage de succès. Ils furent 15 en 2006 puis 31 en 2006, etc. Financé conjointement par la province de Colombie-Britannique et des entreprises forestières, le programme a permis, à ce jour, le relâché de 490 spécimens.

La population sauvage de marmottes de l’île de Vancouver est aujourd’hui estimée entre 200 et 300 individus recensés dans 28 secteurs montagneux situés dans le parc provincial Strathcona, autour du mont Washington et aux environs de la ville de Nanaimo, sur la côte orientale de l’île.

LE GOLDEN HINDE, PLUS HAUT SOMMET DE L'ILE DE VANCOUVER

Fondé en 1911, le parc provincial Strathcona est l’une des trois zones abritant aujourd’hui des populations de marmottes de l’île de Vancouver. Couvrant 2.458 km2, il englobe les plus hauts sommets insulaires, dont celui du Golden Hindeà 2.197 mètres d'altitude (photo Keefer4).

« Depuis toutes ces années, nous nous sommes donné beaucoup de mal pour sauvegarder de nombreuses espèces dans ces paysages », souligne le biologiste Sean Pendergast, travaillant pour le ministère des forêts, des terres et de l’exploitation des ressources naturelles de Colombie-Britannique.

La mise en œuvre du programme de conservation a pris en compte le taux de reproduction assez bas de l’espèce et donc le nombre de marmottes susceptibles de voir le jour en captivité.

« Les marmottes ne se reproduisent pas à un rythme très élevé, précise Adam Taylor. Comme elles appartiennent à l’ordre des rongeurs, certains croient, à tort, qu’elles donnent naissance à une très nombreuse progéniture, comme les rats ou les écureuils. Or, en moyenne, les femelles mettent bas entre deux et quatre petits tous les deux ans. »

Sauvées par la captivité !

Lorsqu’à la fin des années 1990 le nombre total de marmottes sauvages chuta à moins d’une centaine d’individus, les spécialistes estimèrent peu probable un rétablissement spontané de l’espèce. Un plan d’élevage en captivité fut donc décidé.

Entre  1997 et 2004, 56 marmottes - 31 mâles et 25 femelles - furent  capturées. La plupart étaient des juvéniles, afin de limiter les perturbations sur les couples reproducteurs établis dans la nature.

Par précaution, ces individus furent répartis au sein de quatre établissements : les zoos de Calgary (Alberta) et de Toronto (Ontario), le centre de conservation de Mountain View - structure privée sise à Langley en Colombie-Britannique - et le centre d’élevage Tony Barrett Mount Washington créé en 2001 sur l’île de Vancouver. Ce dernier dispose d’une zone de quarantaine, étape préalable à tout relâché. Il sert aussi à acclimater les marmottes à l’altitude, à leur future alimentation dans la nature et au climat local. Ce centre permet en outre d’optimiser les relâchés en fonction des conditions météorologiques, par exemple lorsqu’une couche de neige inhabituelle bloque l’accès aux sites de réintroduction jusqu’en juillet.

MARMOTTONS DE L'ILE DE VANCOUVER

Jeunes marmottes de l’île de Vancouver nées en 2015 au zoo de Calgary (photo zoo de Calgary).

Selon le zoo de Toronto, en 2014, 551 jeunes issus de 162 portées avaient vu le jour en captivité depuis le lancement du programme d’élevage. L’établissement animalier de la plus grande ville du Canada a reçu ses six premières marmottes en 1997 et a enregistré plus d’une centaine de naissances, dont les neuf dernières en mai 2016.

Se fondant sur de précédentes réintroductions menées en Europe, les responsables du plan de conservation avaient initialement opté pour des relâchés annuels d’une vingtaine de spécimens, choisis en particulier sur des critères génétiques pour renforcer la santé de la population sauvage. Finalement, les relâchés ont été parfois plus importants, comme en 2013 avec un record de 85 spécimens réintroduits.

Les touristes, alliés des marmottes

Le protocole d’élevage réduit au maximum les interactions entre soigneurs et rongeurs. Les enclos évoquent le milieu naturel des animaux et les marmottes ont la possibilité d’hiberner. Certaines années, les conditions climatiques ont toutefois entravé le programme de réintroduction. Les marmottes relâchées en 2009 et 2010 ont ainsi subi une mortalité élevée à cause de très importantes chutes de neige et de printemps exceptionnellement froids, limitant l’accès aux ressources alimentaires plusieurs semaines après la sortie de l’hibernation. En revanche, ces phénomènes extrêmes semblent avoir peu d’incidence sur les spécimens d’origine sauvage. Toutefois, selon les chercheurs, les marmottes nées en captivité survivant à la première hibernation auraient ensuite un taux de survie équivalent à celui de leurs congénères nés dans la nature.

MONT WASHINGTON SUR L'ILE DE VANCOUVER

Vue estivale du mont Washington (1.594 mètres) et de la station de ski de Mount Washington Alpine Resort (photo YubYub41).

En revanche, les prédateurs causent encore, dans certains secteurs, bien des tracas aux protecteurs des marmottes. Fin juin 2016, les biologistes ont annoncé la mort de 36 individus durant l’été précédent dans l’enceinte du parc provincial Strathcona. La plupart ont été victimes de prédateurs. Heureusement, la situation est plus réjouissante sur le site du dernier relâché en date. « D’après nos observations, la population de marmottes du mont Washington se porte vraiment bien, assure Cheyney Jackson, coordinatrice terrain pour la fondation. Cette zone est très fréquentée et nous pensons que cela contribue à éloigner les prédateurs et à favoriser la réussite du programme. »

Consolider la population

Trois autres espèces de marmottes sont présentes au Canada : la marmotte des Rocheuses (Marmota caligata) vivant dans les régions montagneuses de Colombie-Britannique, la marmotte à ventre jaune ou à ventre fauve (Marmota flaviventris) occupant les étages subalpins et les prairies de la Colombie-Britannique et de l’Alberta, et la marmotte commune (Marmota monax) dont l’aire de répartition canadienne s’étend de Nouvelle-Écosse sur la côte atlantique, jusqu'à l'Alaska. Ces trois espèces sont considérées comme une préoccupation mineure par l’UICN.

Le 4 juillet 2013, un couple de marmottes de Vancouver - baptisées Dagwood et Petunia - fut transféré d’Amérique du Nord en Suisse avec l’accord du gouvernement canadien pour être confié au parc animalier Marmottes Paradis, situé à quelque 2.000 mètres d’altitude sur les rochers de Naye, dans le canton de Vaud. Elles n’ont pas survécu et ont disparu en 2014.

Au Canada, le programme d’élevage des marmottes de l’île de Vancouver doit être poursuivi jusqu’à ce que les experts aient l’assurance que la population sauvage soit suffisamment robuste pour surmonter des événements imprévus et génétiquement assez variée pour le demeurer avec des interventions ponctuelles.

Voici le lien vers une vidéo de quelques-unes des marmottes nées en mai 2016 au zoo de Toronto :

Sources : Marmot Recovery Foundation, zoo de Toronto, zoo de Calgary, UICN, 24 Heures, zootierliste.de

09 juillet 2016

Samedi 9 juillet 2016, journée mondiale du marsouin du Pacifique

Afin de sensibiliser l’opinion publique internationale au sort de cette espèce proche de l’extinction, chaque premier samedi suivant le 4 juillet devient désormais la Journée internationale du marsouin du Pacifique.

Selon les dernières estimations dévoilées vendredi 13 mai 2016 par plusieurs associations de protection de l’environnement, la population de ce petit cétacé, également appelé marsouin du golfe de Californie, ne dépasserait plus aujourd’hui une soixantaine d’individus. En 20 ans, le nombre de ces marsouins - surnommés « vaquitas » en espagnol - a décliné de plus de 90 % !

Depuis 1996, le marsouin du golfe de Californie (Phocoena sinus) est considéré comme « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

VAQUITA DAY 2016

« Nous sommes en train en train de perdre la bataille pour sauver le vaquita », a prévenu voici quelques semaines Omar Vidal, directeur de l’antenne mexicaine du Fonds mondial pour la nature (WWF).
M. Vidal a exhorté le Mexique, les États-Unis et la Chine à cesser l’usage des filets dérivants dans le golfe de Californie. Ces dispositifs de pêche déciment non seulement les marsouins du Pacifique mais aussi les totoabas (Totoaba macdonaldi), poissons classés « en danger critique d’extinction » par l’UICN et pouvant atteindre deux mètres de long. Leur vessie natatoire est très prisée de certains consommateurs chinois (lire http://biofaune.canalblog.com/archives/…/03/21/31745290.html).

Un  plan d’élevage en captivité envisagé

En avril 2015, le président mexicain Enrique Peña Nieto a imposé une interdiction de ces filets dérivants sur 13.000 kilomètres carrés pendant deux ans, multipliant ainsi par dix la surface de la zone protégée. Pourtant, l’an dernier, 600 filets ont été saisis et 77 braconniers interpellés...

Un plan annuel de 30 millions de dollars (27,1 millions d’euros) a également été instauré pour inciter les pêcheurs locaux à utiliser des méthodes plus respectueuses de l’environnement. Néanmoins, des marins mexicains assurent découvrir encore tous les jours des filets dérivants, ce que confirme l’ONG Sea Shepherd dont deux navires patrouillent dans la zone.

Face au risque imminent de disparition du marsouin du Pacifique, le rapport présenté en mai 2016 par le Comité international pour le rétablissement du vaquita (CIRVA) évoque le lancement d’un programme temporaire d’élevage en captivité avec des animaux prélevés dans le milieu naturel. La pertinence de ce projet complémentaire aux mesures de sauvegarde mises en place in situ doit être évalué d’ici la fin de l’année 2016.

MARSOUINS DU GOLDE DE CALIFORNIE

(Photo Paula Olson, NOAA)

Après de longs débats et constatant l’inefficacité des efforts actuellement déployés pour enrayer le déclin de l'espèce, l’organisation iVIVA Vaquita! - créée le 9 septembre 2009 et regroupant divers organismes impliqués dans la sauvegarde du marsouin du Pacifique comme  l’ONG Save The Whales, l’American Cetacean Society, l’Oceanographic Environmental Research Society (OERS) ou encore la Cetos Research Organization - admet aujourd’hui l’idée d’un éventuel programme d’élevage en captivité.

Pour iVIVA Vaquita!, un projet de reproduction en captivité ne devra cependant diminuer en aucune façon le financement et l’énergie déployés pour lutter contre l’usage des filets dérivants et étendre leur interdiction.

« L’objectif principal et prioritaire pour la conservation à long terme de l'espèce doit être la protection et le rétablissement de l'espèce dans son habitat naturel », souligne iVIVA Vaquita!

Le rapport de la 7ème réunion de la CIRVA, organisée du 10 au 13 mai 2016 à Ensenada (Mexique), peut être consulté ici : www.iucn-csg.org/wp-content/uploads/2010/03/CIRVA-7-Final-Report.pdf

27 juin 2016

Un rhinocéros noir tchèque rejoint la Tanzanie

Dimanche 26 juin 2016, un rhinocéros noir du zoo de Dvůr Králové, en République tchèque, s’est envolé pour la Tanzanie afin de contribuer à la restauration de la population de cette espèce menacée.

Née en 2012, cette femelle baptisée Eliška doit rejoindre le sanctuaire des rhinocéros créé en 1996 au nord-est de la Tanzanie et aujourd’hui inclus dans le parc national de Mkomazi. Située dans les régions du Kilimandjaro et de Tanga - à l’est des monts Pare, le long d’une bande de savane semi-aride s’étirant jusqu’au parc national de Tsavo East au Kenya, cette aire protégée de 3.234 km² a vu le jour en 2006.

Le montant du transfert de la femelle s’élève à 350.000 couronnes tchèques (environ 13.000 euros). « Eliška sera susceptible de se reproduire d’ici deux ans », assure Jiří Hrubý, curateur des ongulés au zoo de Dvůr Králové.

FEMELLE RHINOCEROS NOIR D'AFRIQUE DE L'EST AU ZOO DE DVUR KRALOVE

La femelle Eliška, née le 8 septembre 2012, dans son enclos du parc animalier tchèque (photo zoo de Dvůr Králové).

Le 29 mai 2009, l’établissement tchèque avait déjà transféré trois rhinocéros noirs adultes (*) à destination du Mkomazi Rhino Sanctuary.

Les rhinocéros hébergés au sein de ce sanctuaire - couvrant actuellement 55 km2 - appartiennent à la sous-espèce orientale (D. b.michaeli) dont l’aire de distribution historique s’étendait du Soudan du Sud au centre de la Tanzanie, en passant par l'Éthiopie, la Somalie et le Kenya.

À la fin des années 1960, entre 150 et 200 rhinocéros noirs vivaient sur la zone aujourd’hui couverte par le parc de Mkomazi. Décimée par le braconnage, cette population était tombée en 1974 à seulement quatre individus. Et le dernier rhinocéros noir sauvage de la région fut observé en 1985.

Les premiers pensionnaires du sanctuaire furent des rhinocéros provenant du parc national des éléphants d'Addo, en Afrique du Sud, où est maintenue une population de rhinocéros noirs d’Afrique de l’Est. Les spécimens sud-africains étant malheureusement consanguins, le programme initié en Tanzanie par le conservationniste anglais Tony Fitzjohn exigeait l’arrivée d’individus appartenant à d’autres lignées génétiques.

Le 17 juin 2012, deux parcs zoologiques anglais - le Howletts Wild Animal Park et le Port Lympne Wild Animal Park - ont ainsi confié chacun trois pachydermes au sanctuaire tanzanien.

Le rhinocéros noir (Diceros bicornis) est classé « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’une des quatre sous-espèces reconnues - le rhinocéros noir d'Afrique de l'Ouest (D. b. longipes) - a été déclarée éteinte le 11 novembre 2011.

Depuis 1990, le rhinocéros noir bénéficie d'un programme européen d’élevage en captivité (EEP) géré par le zoo anglais de Chester.

(*) Les mâles Jamie et Jabu, nés respectivement le 2 janvier 2006 et le 1er février 2007, et  la femelle Deborah, venue au monde le 11 novembre 2004. En octobre 2011, Deborah a mis bas une femelle prénommée Hilla.

Sources : Deník, zoo de Dvůr Králové.

26 juin 2016

Brésil : un ara de Spix observé dans la nature !

Samedi 18 juin 2016, un ara de Spix (Cyanopsitta spixii) a été aperçu en milieu naturel par un fermier vivant près de la ville de Curaçá, dans l’écorégion de la caatinga située dans l’État de Bahia, au nord-est du Brésil. Le dernier spécimen sauvage connu avait été aperçu en octobre 2000 dans cette même zone.

Depuis, cette espèce officiellement classée « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) était considérée comme éteinte dans la nature !

Le lendemain de sa première observation, Nauto Sergio de Oliveira est retourné sur les lieux de très bonne heure avec sa femme Lourdes et sa fille Damilys. À 6 h 20, dans la forêt bordant la rivière Barra Grande, ils ont de nouveau aperçu le mythique perroquet que l'adolescente est parvenue à filmer !

ARA DE SPIX VIDEO

Capture d’écran de la vidéo tournée dimanche 19 juin 2016 par Damilys Oliveira.

Lourdes Oliveira a alors adressé cette vidéo aux spécialistes de la Société pour la conservation des oiseaux du Brésil (SAVE Brasil), organisation participant au projet de retour du ara de Spix dans la nature (Projeto Ararinha na Natureza). Les images et les appels vocaux émis par l’oiseau ont convaincu les experts : la famille Oliveira a bel et bien observé l’ara de Spix !

L’origine de cet individu demeure encore mystérieuse. Il pourrait s’agir d’un oiseau détenu illégalement qui se serait échappé ou aurait été remis en liberté par son propriétaire redoutant d’éventuelles poursuites judiciaires.

Euphorie

Directeur scientifique de SAVE Brasil, Pedro Develey a aussitôt contacté ses collègues afin de mettre sur pied une expédition pour localiser le perroquet. « Les habitants sont euphoriques, assure M. Develey.  Ils ont constitué des équipes pour repérer l’oiseau et le protéger d’éventuels trafiquants. » « Nous travaillons avec eux depuis maintenant deux ans.  Ces gens sont très fiers et espèrent que les futures réintroductions sauveront l’espèce. »

Malgré la mobilisation des biologistes déjà présents sur place et des habitants, l'ara n’a pas été revu depuis dimanche 19 juin 2016. La zone concernée est vaste et certains secteurs difficiles d’accès.

Selon Ugo Vercillo, directeur de la biodiversité du ministère brésilien de l'environnement également impliqué dans l’initiative Ararinha na Natureza, cette réapparition d’un ara de Spix exige un rapide renforcement des mesures de protection dans la région.

PAYSAGE DE LA CAATINGA

Milieu semi-aride de la caatinga, couvrant la zone nord-est du territoire brésilien (photo Juliano Franco de Moraes).

Depuis 2014, la création d’une réserve de 44.000 hectares sur le territoire de la municipalité de Curaçá est d’ailleurs envisagée afin de préserver la caatinga et ses forêts.

La semaine prochaine, des chercheurs de l'institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité (ICMBio, public) se joindront aux efforts de la population locale pour repérer l’ara de Spix et en apprendre davantage sur cet étonnant individu.

Record de naissances en captivité

En parallèle à ces efforts menés in situ, les programmes d’élevage en captivité - conduits en Allemagne par l’ACTP (Association for the Conservation of Threatened Parrots e.V.), au Qatar par l’Al Wabra Wildlife Preservation et au Brésil dans une ferme (la Fazenda Cachoeira) de l’État du Minas Gerais - permettent d’accroître la population d’aras dans l’optique de futurs relâchés (lire http://biofaune.canalblog.com/archives/2016/01/04/33155402.html). Au total, 144 oiseaux seraient actuellement maintenus au sein de ces différents centres.

Après un précédent record enregistré en 2015 avec 16 naissances, Al Wabra a annoncé début juin 2016 la venue au monde de 17 oisillons cette année et avoir dépassé le cap des cent spécimens dans la structure qatarie.

JEUNES ARAS DE SPIX

Aras de Spix nés en captivité à l’Al Wabra Wildlife Preservation (photo AWWP).

Pour l’heure, de nombreuses interrogations intriguent les scientifiques. D’où vient vraiment l’oiseau observé dans la forêt de Curaçá ? Depuis combien de temps vit-il dans la nature ? Comment s’est-il adapté à la vie sauvage ? Autant de questions qui ne trouveront de réponses que si le mystérieux ara de Spix daigne réapparaître.

Voici le lien vers la vidéo ayant stupéfait ornithologues et biologistes :

Sources : Birdlife, Parrots Daily News.