Selon un rapport dévoilé mardi 5 mars 2013, près de la moitié des lions sauvages d’Afrique pourrait disparaître au cours des 20 à 40 prochaines années si aucune mesure de conservation n’est prise rapidement. L’avenir de nombreuses populations de lions apparaît particulièrement sombre : d’après cette étude, la création d’espaces clos séparant lions et humains constituerait le seul espoir de survie des félins concernés.

Question de gros sous
 
Menée par l'Université de Minnesota sous l’égide du professeur Craig Packer avec le concours d’une important équipe de biologistes dont les Dr Luke Hunter et Guy Balme, respectivement président et responsable du programme «Lion» de l’association Panthera, ce rapport intitulé «Conservation des grands carnivores : le dollar et la clôture» («Conserving large carnivores : dollars and fence») a été publié dans la revue scientifique Ecology Letters.

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Lions déambulant le long d’une clôture dans la «Phinda Private Game Reserve», dans la province du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud (Photo Luke Hunter).

«Il est évident que la mise en place de clôtures et le maintien de populations non closes sont extrêmement coûteux», relève Craig Packer. Mais quelle option est la moins onéreuse et la plus efficace ?

S’appuyant sur des données provenant de 11 pays africains, l'étude a examiné les coûts de gestion d’habitats clos et ouverts. Dans les deux cas, elle a également comparé les densités des populations de lions et leurs tendances évolutives. Ces travaux révèlent que les coûts de conservation sont inférieurs dans les réserves protégées par des clôtures.

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Autre exemple de clôture, ici à Tswalu Kalahari, la plus grande réserve privée d’Afrique du Sud (Photo Luke Hunter).

Par ailleurs, la taille comme la densité des populations de lions y sont plus importantes par rapport aux écosystèmes ouverts. Au sein de ces derniers, les félins sont soumis à davantage de menaces de la part des communautés humaines. Ils souffrent notamment de la perte et de la fragmentation de leur habitat, des représailles des éleveurs ou encore de la disparition excessive de leurs proies, chassées par l’homme.

Séparer hommes et lions

«Ces conclusions mettent en évidence la gravité de la crise actuelle affectant la sauvegarde du lion» souligne le Dr. Luke Hunter. «Nous disposons de solutions limitées pour assurer l’avenir de cette espèce. Personne ne veut clôturer les merveilleuses régions sauvages d’Afrique mais, en l’absence d’une augmentation massive et immédiate des fonds consacrés à la conservation du lion, nous n’avons guère le choix.» 

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Pour le Dr Hunter, la création de réserves closes constitue une priorité immédiate (Photo Panthera).

Pour le rapport, qu’il s’agisse de clôtures ou d’un autre type de barrières, à l’instar de zones tampons étroitement surveillées, la séparation entre le lion et les populations humaines apparaît aujourd’hui nécessaire à la survie de l'espèce.

Limiter les conflits

Outre la présence de frontières matérielles, les initiatives pour atténuer des conflits, comme celles mises en œuvre via les projets «Leonardo» et «Lion Guardians»,sont indispensables pour limiter les abattages de lions, là où hommes et félins partagent le paysage.

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Selon le rapport publié hier par l’association Panthera, la sauvegarde du lion d’Afrique exige la mise en place à court terme de clôtures séparant de nombreuses populations de félins des communautés humaines (Photo Tnhfencing).

«En réduisant les conflits entre les lions et les communautés humaines, nous avons prouvé que la cohabitation dans les paysages africains est possible» constate le Dr. Guy Balme, «mais cela exige des ressources importantes. Or le nombre d’habitants ne cesse de croître en Afrique et le bétail est toujours plus abondant. Aussi est-il  vital de développer ces programmes de réserves closes pour éviter l’extinction de nombreuses populations léonines.»
 
Aujourd'hui, moins de 30.000 lions survivraient en Afrique sur 25% de leur aire de répartition originelle.

 

Source : association Panthera

Fondée en 2006, l’association Panthera se consacre exclusivement à la sauvegarde des félins et de leurs écosystèmes. En s’appuyant sur l'expertise des biologistes, Panthera développe et met en œuvre des stratégies de conservation pour les grands félins en péril (tigres, panthères des neiges, panthères, lions, guépards, jaguars et pumas). Panthera travaille en partenariat avec les autorités locales, les ONG internationales, les institutions scientifiques, les communautés locales et les gouvernements à travers le monde.

Pour découvrir le site de l’association : www.panthera.org

Et pour en savoir plus sur le projet Leonardo mené par l’association Panthera, cliquer sur le lien suivant : http://www.panthera.org/programs/lion/project-leonardo