Royaume-Uni : l’écrevisse à pattes blanches victime de sa cousine américaine
Près de 80 rares écrevisses à pieds blancs ou à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) ont été relâchées en septembre dernier dans le Somerset du Nord (Angleterre) dans le cadre d’un programme de conservation. De couleur verte avec des teintes allant du bronze au gris olivâtre, cette écrevisse est le plus grand invertébré d’eau douce présent dans le Royaume-Uni et la seule espèce indigène. Les adultes mesurent entre 9 à 12 cm et pèsent de 30 à 90 g. Ces écrevisses parviennent à leur taille maximale vers 12 ans mais sont matures dès 2 ou 3 ans. Elles atteignent alors 5 cm.
(Image BBC).
Ce crustacé se rencontre dans des eaux froides et vives, torrent, rivières et ruisseaux, mais aussi dans certains lacs et canaux, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande.
Victime de la « peste de l’écrevisse »
L’écrevisse à pattes blanches est classée vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), statut attribué aux espèces confrontées à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage. Elle souffre notamment de la présence de l'écrevisse de Californie ou écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus), introduite au Royaume-Uni dans les années 1970 pour la pêche et la restauration. À cause de la concurrence avec l’écrevisse nord-américaine et de la « peste de l’écrevisse » véhiculée par cette dernière, la population d’écrevisses à pattes blanches a chuté de 95% ces dernières années. Les écrevisses américaines sont potentiellement des porteuses saines de cette « peste de l'écrevisse », dont l’agent responsable est le champignon Aphanomyces astaci.
À gauche, l'écrevisse à pattes blanches, à droite l'écrevisse de Californie, espèce considérée comme invasive.
La pollution, l’acidification des eaux ou encore les dégâts causées aux berges et aux lits des rivières par les troupeaux de ruminants qui y déposent leurs excréments constituent les autres principales menaces pour la survie de l’écrevisse à pattes blanches.
Le zoo de Bristol se mobilise
Baptisé « The South West Crayfish Partnership », un projet a été initié en 2008, avec le concours du parc zoologique de Bristol, pour stopper le déclin de l’espèce. Les écrevisses relâchées dans la nature ont été ainsi élevées par le zoo durant un an afin de leur assurer les meilleures chances de survie dans leur nouvel habitat.
« Les équipes du zoo se sont énormément impliquées pour parvenir à multiplier cette espèce menacée et nous sommes ravis de voir les écrevisses de retour dans leur habitat naturel » relève Jen Nightingale, responsable des programmes britanniques au sein de la Fondation bristolienne pour la Science et la Conservation. « Ce premier relâcher a été assez modeste mais il s'agit de la première étape d’un programme à grande échelle destiné à prévenir l’extinction de l’écrevisse à pattes blanches. À cet égard, les populations captives sont très importantes car elles nous permettent d’accroître nos connaissances, encore assez limitées, sur cet animal discret. »
Sources : IZN, Bristol Zoo, BBC, Wikipédia.


