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6 mars 2021

Les éléphants africains officiellement scindés en deux espèces

Un article paru mardi 23 février 2021 dans la revue Oryx -The International Journal of Conservation, éditée tous les deux mois par les presses universitaires de Cambridge (Cambridge University Press) au nom de l’ONG Fauna & Flora International, valide l’existence de deux espèces d'éléphants d'Afrique : l'éléphant de savane (Loxodonta africana) et l'éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis).

Cette publication précise que le groupe de spécialistes de l'éléphant d'Afrique (GSEAf) de la Commission de sauvegarde des espèces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN /SSC), comité de scientifiques et d'experts techniques œuvrant à la conservation et à la gestion des éléphants d'Afrique, a admis cette distinction. Cette reconnaissance figurera dans la prochaine mise à jour de la Liste rouge de l’UICN et dans la nouvelle édition du rapport sur le statut de l'éléphant d'Afrique. Ces deux documents seront publiés en 2021.

COCO, ELEPHANT DE FORET MALE

Dernier éléphant de forêt captif en Europe, « Philippe», alias « Coco », né au début des années 1960 à l’état sauvage, avait été capturé au Sierra Leone avant d'être envoyé, en juillet 1963, au parc zoologique de Paris-Vincennes. Ce mâle avait finalement été transféré en avril 2002 au parc safari espagnol La Reserva del Castillo de las Guardas, en Andalousie, où il est mort environ trois mois après son arrivée (photo Ph. Aquilon).

« Il existe désormais des preuves génétiques suffisantes pour affirmer que les éléphants d'Afrique, généralement considérés autrefois comme une seule espèce avec deux sous-espèces, constituent en fait deux espèces distinctes », assurent les auteurs. Cette reconnaissance aura des implications politiques pour les gouvernements concernés et divers traités dont celui de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), réglementant le commerce international des éléphants et de leurs parties ou produits. Interdit par cet accord, le négoce international de l'ivoire ne sera pas affecté par ce changement taxonomique.

Les jardiniers de la forêt

« Rien dans cette nouvelle classification ne réduira ou ne devrait réduire la protection accordée à l'une ou l'autre des espèces d'éléphants d'Afrique, en vertu du droit national ou international », souligne dans un communiqué la Wildlife Conservation Society (WCS), ONG états-unienne dédiée à la préservation de la nature dans le monde et particulièrement en Afrique.

« Les éléphants de forêt sont encore plus menacés que ceux de savane », précise le Dr Fiona Maisels, coauteur de cet article et scientifique de la conservation au sein du programme Afrique de la WCS. « Ils sont considérés comme des « jardiniers de la forêt ». Ils diffusent en effet les graines de diverses espèces de grands arbres, capables de séquestrer considérablement plus de carbone que des essences plus petites et contribuant donc de façon primordiale à l'atténuation du changement climatique. » « Les deux espèces d’éléphants jouent un rôle essentiel pour préserver l'intégrité des écosystèmes africains et leur conservation doit rester une priorité », insiste Mme Maisels.

TEMBO, ELEPHANT DE SAVANE MALE

« Tembo », éléphant de savane mâle né dans la nature en 1985, photographié ici en novembre 2018 au Tierpark de Berlin, en Allemagne (cliché Ph. Aquilon).

Limitée à l’Afrique centrale et de l’Ouest, l’aire de répartition de l’éléphant de forêt couvre notamment la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Liberia.

Depuis 2004, l’éléphant africain (Loxodonta africana) est classé « vulnérable », c’est-à-dire confronté à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage, sur la Liste rouge des espèces menacées établie par l’UICN.

Seuls trois éléphants de forêt, dont deux au Japon, seraient aujourd’hui maintenus en captivité à travers le monde : un mâle, prénommé « Dai », au parc safari Akiyoshidai de Yamaguchi, et deux femelles, « Mai » au parc zoologique Asa d'Hiroshima et « Can » au zoo d'Abidjan, en Côte d'Ivoire.

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Commentaires
P
Et un petit reportage de la télévision ivoirienne, datant de 2012, consacré à Can, la seule représentante de sa désormais espèce vivant en captivité sur le sol africain (remerciements à Oscar Gallon) : https://www.youtube.com/watch?v=VM-zV5ulNnI
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F
Il existe des cas d'hybridation d'éléphants de forêt et ceux de savane dans les zones tampon
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BIOFAUNE soutient la campagne « Silent Forest » menée par l’association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) avec le concours du groupe de spécialistes des oiseaux chanteurs d'Asie du Sud-Est de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de l'ONG de surveillance du commerce de la faune et de la flore TRAFFIC et de l’alliance BirdLife International rassemblant plus de 110 associations nationales.

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