La Bolivie adopte une loi pour protéger le dauphin de l'Amazone
Une loi vient d’être promulguée en Bolivie afin de protéger le dauphin d’Amazonie (Inia geoffrensis). Une décision suffisamment importante pour qu’Evo Morales, le président bolivien, l’annonce en personne mardi dernier lors d’un déplacement sur les berges de la rivière Ibare.
Cette nouvelle loi interdit la pêche de ces animaux, encourage les programmes de protection et la sauvegarde de leur habitat endommagé par la pollution, l'exploitation des forêts, l'appauvrissement des ressources alimentaires due à la compétition avec les pêcheurs et l’érosion.
Le dauphin rose de l'Amazone, également appelé Inie de Geoffroy ou « boto », vit exclusivement en eau douce. Son aire de répartition s'étend du bassin de l'Orénoque à celui de l’Amazone. Mesurant environ 2,60 mètres, ce mammifère pèse jusqu'à 150 kg. Son corps, généralement gris, peut devenir rose sur le ventre. Très caractéristique, le rostre du dauphin de l’Amazone est en forme de bec, fin et marqué. Le régime alimentaire de l'Inie de Geoffroy se compose d'une cinquantaine de poissons.
Inia geoffrensis boliviensis
Selon l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature), trois sous-espèces sont actuellement reconnues : I. g. geoffrensis dans le bassin de l’Amazone au Brésil, en Bolivie et en Équateur, I. g. humboldtiana dans le bassin de l’Orénoque au Vénézuéla et en Colombie et I. g. boliviensis uniquement en Bolivie, dans le bassin de la Madeira (un affluent de l’Amazone). Des études génétiques menées au début des années 2000 confirmeraient la particularité de ce dernier, isolé de la sous-espèce I. g. geoffrensis par quelque 400 km de rapides.
Selon certaines sources, la population totale des dauphins de l’Amazone pourrait dépasser les 100.000 individus. Toutefois l'IUCN considère les données concernant le « boto » comme insuffisantes pour évaluer directement ou indirectement le risque d’extinction de l'espèce.
Inia geoffrensis boliviensis (Photo : www.allvoices.com).
Des dauphins de l’Amazone sont maintenus en captivité où des cas de reproduction ont été signalés. L'Acuario de Valencia (Vénézuéla) est le seul établissement à gérer un programme de reproduction en captivité. En Europe, seul le zoo de Duisbourg élève cet animal. Aujourd’hui, le parc allemand héberge un seul spécimen.
Dauphin de l'Amazone au zoo de Duisbourg (photo : zoo de Duisbourg).
En 1975, le zoo de la Ruhr avait importé du Vénézuéla cinq dauphins appartenant à la sous-espèce I. g. humboldtiana : trois adultes (2 mâles et une femelle), un jeune mâle et une femelle albinos très âgée, morte six mois après son arrivée à Duisbourg. La femelle survivante s’est éteinte en 1976. Un mâle est mort en 1978, lesecond disparaissant en 2006 à l’âge de 40 ans. Le dernier individu hébergé à Duisbourg est aujourd’hui l’unique représentant de sa sous-espèce vivant en captivité en dehors du Vénézuéla.
Sources : IUCN, zootierliste, Réseau-Cétacés, wikipédia
Et une petite vidéo : www.youtube.com/watch?v=Yax48dBWVlg&feature=player_embedded



