Découvrir ou mieux connaître les huit espèces d’ours, appréhender les enjeux de leur conservation, mettre en lumière l’histoire évolutive des ursidés, évoquer les relations complexes entre l’homme et les plantigrades à travers le temps et la mythologie… Du mercredi 12 octobre 2016 au lundi 19 juin 2017, l’exposition « Espèces d’Ours », proposée par le Muséum national d’histoire naturelle et visible dans la Grande Galerie de l'Évolution au Jardin des plantes de Paris, aborde ces différents thèmes à travers une scénographie où spécimens naturalisés, squelettes et pièces ostéologiques côtoient bornes multimédia, jeux interactifs et vidéos.

AFFICHE ESPECES D'OURS

(© Steven Kazlowski / Nature Picture Library - Volodymyr Burdyak / Shutterstock.com)

Le visiteur pourra ainsi découvrir Cannelle, l’ultime représentante de la souche pyrénéenne originelle, abattue par un chasseur le 1er novembre 2004. S’ancrant dans l’actualité, les concepteurs de l’exposition ont choisi d’évoquer la réintroduction de l’ours dans le massif franco-espagnol avec plusieurs vidéos offrant des clés de compréhension sur ce sujet toujours très sensible.

De l’art pariétal à Teddy bear

L’évocation des origines de l’ours, par l’entremise de squelettes, de fossiles, d’arbres phylogénétiques ou de films, bat en brèche certaines idées reçues. Comme celle faisant de l’ours des cavernes (Ursus spelaeus), apparu en Europe aux alentours de -150.000 ans, l’ancêtre de nos ours bruns. Ils sont en fait de simples « cousins ».

Selon une étude parue en août 2016 dans le Journal of Quaternary Science, l’ours des cavernes était exclusivement végétarien et aurait disparu voici quelque 25.000 ans à cause de son régime alimentaire exclusif. Et alors que les ancêtres du panda géant et de l’ours à lunettes ont divergé de ceux des six autres ursidés actuels il y a respectivement 17 et 10 millions d’années, l’ours blanc s’est différencié très récemment de l’ours brun (vers - 500.000 ans), même si la datation précise divise encore les experts.

OURSE CANNELLE

L’ourse Cannelle naturalisée (© Muséum de Toulouse – Christian Nitard).

Par ailleurs, un mur d’art pariétal dévoile divers dessins et gravures, copies des merveilles abritées notamment dans les grottes de Lascaux (Dordogne), Chauvet (Ardèche) ou des Trois-Frères (Ariège). Néandertaliens (environ - 300.000 à - 28.000 ans) et premiers Homo sapiens auraient peu chassé l’ours, lequel symbolisa la puissance et l’autorité durant l’Antiquité et la première partie du Moyen Âge. Le lion prendra ensuite sa place, le plantigrade se trouvant dès lors associé à la luxure, la bêtise et la gloutonnerie. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour voir cette image évoluer avec l’apparition de l’ours en peluche.

Toujours plus vulnérables

Aujourd’hui, six des huit espèces d’ours – le grand panda (Ailuropoda melanoleuca), l'ours noir d'Asie (Ursus thibetanus), l’ours malais (Helarctos malayanus), l’ours lippu (Melursus ursinus), l’ours blanc (Ursus maritimus) et l’ours à lunettes (Tremarctos ornatus) – sont classées vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), c’est-à-dire confrontées à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage ! Et si l’ours brun (Ursus arctos) et l’ours noir américain ou baribal (Ursus americanus) sont globalement considérés comme une « préoccupation mineure », certaines de leurs populations et/ou sous-espèces s’avèrent aussi en danger.

La fragmentation et la destruction de leur habitats, conséquences de l’expansion de l’agriculture, de la déforestation et de l’urbanisation, constituent les principales menaces planant sur l’avenir des ursidés. La majorité d’entre eux sont également victimes du braconnage et le réchauffement climatique pourrait réduire comme une peau de chagrin le territoire de l’ours polaire.

OURS BLANC SUR LA BANQUISE

Un ours blanc sur la banquise. Pour combien de temps encore ? (© Anette Holmberg / Shutterstock.com).

Après avoir quitté l’exposition et munis du plan « Parc’Ours », les visiteurs pourront parcourir le Jardin des plantes à la recherche de lieux et d’œuvres immortalisant l’ours. L’occasion de découvrir les anciennes fosses de la ménagerie, d’admirer la copie du célèbre Ours blanc de Pompon (1955-1933), et de saluer d’autres spécimens naturalisés dont le panda offert en décembre 1973 par le premier ministre chinois au président Pompidou. Li Li trône désormais dans la Grande Galerie de l’Évolution devant la salle des espèces menacées et disparues…

Pendant la durée d’« Espèces d’ours ! », des conférences, des rencontres et des débats seront proposés : le programme détaillé est disponible sur le site web de l’exposition.
Enfin, du samedi 10 décembre 2016 au dimanche 14 mai 2017, une série de clichés du photographe naturaliste Vincent Munier sera accrochée aux grilles du jardin de l’école de botanique. Une autre approche de l’univers fascinant des ours, de la banquise aux forêts d’Europe orientale.

Informations pratiques
• Du 12 octobre 2016 au 19 juin 2016, Muséum national d’Histoire naturelle, Jardin des plantes, Grande Galerie de l’Évolution, 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris Vème.
• Ouverture de 10 à 18 heures, tous les jours, sauf le mardi et le 1er mai.
• Tarifs : 11 € plein tarif / 9 € tarif réduit (billet couplé avec la visite de la Grande Galerie de l’Évolution).
• Informations : 01 40 79 54 79 / 56 01
• Site Internet : especesdours.fr