Alors que les abeilles se raréfient dans l’Hexagone - victimes entre autres des pesticides, de la pollution, du frelon asiatique, des maladies et bientôt peut-être du coléoptère de la ruche, l’apiculture connaît un regain d’engouement en France et séduit un nombre croissant d’amateurs.

Récemment publié aux éditions Larousse, Une ruche dans mon jardin de Pierre Javaudin est tout à la fois un plaidoyer et un guide pratique pour une approche respectueuse du rythme et des besoins de l’abeille.

Chantre d’une pratique naturelle, son auteur est aussi un fervent adepte de la ruche horizontale. Conçue en 1971 à l’université canadienne de Guelph et s’inspirant des ruches ancestrales aujourd’hui encore utilisées en Afrique, cette structure constitue aux yeux de l’expert une réponse judicieuse au déclin des précieux insectes pollinisateurs.

UNE RUCHE DANS MON JARDIN

De la construction de la ruche - mesurant environ un mètre de long - à sa conduite saison après saison en passant par les démarches administratives, le choix de l’équipement ou la physiologie de l’abeille, le livre passe en revue tous les aspects à connaître pour mener à bien son projet de ruche « bio » et éviter les écueils menaçant les débutants. Reprenant d’ailleurs les conseils des anciens, Pierre Javaudin préconise la construction de deux ruches, pour éviter le renoncement en cas de perte d’une colonie au cours du premier hiver.

Quant au choix de l’essaim, récupéré dans la nature ou acheté auprès d’un professionnel, l’éthique recommande de privilégier, selon son lieu de vie, l’un ou l’autre des écotypes locaux de l’abeille noire (Apis mellifera mellifera), sous-espèce occidentale de l’abeille européenne. Cette abeille rustique - capable notamment de butiner sur de vastes zones grâce à ses capacités de vol et dont les ouvrières présentent une longévité remarquable - se trouve aujourd’hui en danger, victime des importations d’abeilles allochtones et des transhumances de colonies étrangères engendrant des hybridations incontrôlées.
Ces croisements modifient les caractéristiques des abeilles noires locales et menacent leurs adaptations environnementales (la liste des conservatoires de l’abeille noire en France est disponible à l’adresse suivante : www.abeille-noire.org/liste-des-conservatoires.html).

Enfin, nul besoin d’habiter en pleine campagne pour offrir aux abeilles un cadre de vie approprié. Si ces hyménoptères délaissent encore les centres-villes trop construits, ils apprécient les zones pavillonnaires et périurbaines, relativement épargnées par l’emploi des pesticides et leur offrant une large variété de plantes aux dates de floraison échelonnées dans l’année.

Gage d’un miel riche et complexe, la diversité de nectars et de pollens renforce aussi le système immunitaire des colonies d’abeilles.

Facile d’utilisation sous réserve de patience et de respect des conseils prodigués, la ruche horizontale - dont l’emplacement dans le jardin doit être judicieusement déterminé - permet en outre d’observer l’activité de la colonie grâce une vitre. Enfin, le temps de la récompense sonnera au début de la deuxième saison avec la première récolte d’un miel par essence exceptionnel : le sien !

JAVAUDIN Pierre, Une ruche dans mon jardin, Éditions Larousse, mars 2016, 144 p., 12,90 €.