Voici 300 ans jour pour jour, le 29 mai 1716, le naturaliste français Louis Jean-Marie Daubenton voyait le jour à Montbard (Côte-d'Or).

Docteur en médecine en 1741, ce fils de notaire n’exerça guère dans sa ville natale. En 1742, il rejoint en effet Paris à l’invitation de son ami d’enfance Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788). Également natif de Montbard, celui-ci a été nommé en 1739 intendant du Jardin royal des Plantes médicinales, l’actuel Jardin des Plantes. En 1745, Buffon fait nommer Daubenton garde-démonstrateur au Cabinet du roi - dépendant du Jardin royal des Plantes médicinales et rebaptisé à la Révolution « Jardin des plantes de Paris » - où il veilla sur les collections naturalistes. Pendant près d’un demi-siècle, Daubenton enrichira cette collection, prémices du Muséum national d’histoire naturelle officiellement créé le 10 juin 1793.

PORTRAIT DE DAUBENTON PAR ALEXANDER ROSLIN

Portrait de Louis Jean-Marie Daubenton réalisé par le peintre suédois Alexander Roslin (1718-1793) en 1791.

Près d’une quinzaine d’années durant, jusqu’en 1765, Buffon et Daubenton travaillèrent de concert à la rédaction de l’Histoire naturelle des animaux dont les trois premiers volumes parurent en 1749. Daubenton y décrit  de façon très précise quelque deux cents espèces de quadrupèdes. Selon les spécialistes, ces contributions constituent une avancée capitale dans l'émergence de l'anatomie comparée. La parution d’une édition in-duodecimo amputée du travail de Daubenton marqua la fin de la collaboration entre les deux scientifiques.

Les géants n’existent pas

Auteur de plusieurs articles publiés dans l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et D’Alembert et dans les Mémoires de l’Académie des sciences, Daubenton met notamment en avant les différences fondamentales entre l’homme et l’orang-outan et récuse l’existence des géants, attribuant leurs prétendus os fossiles à de réelles espèces.

STATUE DE DAUBENTON A MONTBARD

Statue de Daubenton - œuvre du sculpteur Marcel Paupion (1886-1966) - dans le parc Buffon de Montbard avec, à ses pieds, deux moutons mérinos (photo Ph. Aquilon).

Entré à l'Académie des sciences dès 1744 comme simple adjoint botaniste, Daubenton accèdera ensuite au statut de membre de la Société royale de médecine, de la Société d'agriculture et de plusieurs autres sociétés savantes étrangères, dont la Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge.

Titulaire de la chaire d’histoire naturelle au Collège de France en 1778, Daubenton professe également à partir de 1783 l’économie rurale à l’école vétérinaire d'Alfort. Après un mémoire sur l'Amélioration des bêtes à laine paru en 1777, il publie en 1782 une Instruction pour les bergers et les propriétaires de troupeaux. Daubenton serait l’origine de l’importation par Louis XVI, en octobre 1786, de 318 brebis et 41 béliers mérinos - originaires de la province espagnole du Léon - dans le domaine de Rambouillet (Yvelines).

PLAQUES RUES DAUBENTON

Plaques de rue à Montbard et à Paris (photos Ph. Aquilon).

Premier directeur du Muséum

Membre résidant de la section d'anatomie et de zoologie de l’Académie des sciences en novembre 1795, Daubenton enseigne aussi à l'École normale de l'An III. En 1793, il prend les rênes du Muséum national d'histoire naturelle dont il devient le premier directeur.

Élu le 25 décembre 1799 au Sénat conservateur aux côtés du mathématicien Gaspard Monge (1746-1818), du zoologiste Bernard Germain de Lacépède (1756-185) ou encore de l’explorateur Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), Daubenton est frappé par une crise d’apoplexie lors de l’une des premières séances de la nouvelle assemblée. Il s’éteint à l’âge de 83 ans, dans la nuit du 31 décembre 1799 au 1er janvier 1800.

TOMBE DE DAUBENTON AU JARDIN DES PLANTES DE PARIS

Sépulture de Daubenton dans le labyrinthe du Jardin des plantes de Paris (photo Ph. Aquilon).

Daubenton est inhumé dans le labyrinthe du Muséum national d’histoire naturelle, au pied de la gloriette de Buffon, kiosque métallique érigé avec du métal provenant des forges de Buffon, situées à quelques kilomètres de sa cité natale.

Si la renommé de Buffon a injustement éclipsé l’œuvre de Daubenton, les deux hommes restent indissociables pour l’éternité.

Voici le lien vers le programme des événements proposés par le musée et parc Buffon de Montbard à l’occasion de ce tricentenaire : www.montbard.com/uploads/file/Mus%C3%A9e/Dossier_Presse_Tricentenaire_Daubenton_Mus%C3%A9e_Buffon.pdf

Sources : CNRS, Pour la science, Wikipédia.