Selon une étude de la Wildlife Protection Society of India (WPSI) dévoilée vendredi 29 avril 2016 et mettant en cause l’efficacité de la lutte anti-braconnage en Inde, davantage de tigres auraient été tués dans le sous-continent entre le 1er janvier et le 26 avril 2016 que durant toute l’année dernière.

D’après cette association à but non lucratif fondée en 1994, 28 tigres ont ainsi été braconnés au cours des quatre premiers mois de 2016, soit trois de plus que le nombre total d’individus tués en 2015.

TIGRE DU BENGALE DANS LE PARC NATIONAL INDIEN DE RANTHAMBORE

Tigre du Bengale dans le parc national de Ranthambore, inauguré en 1980 et situé dans l'État du Rajasthan au nord-ouest de l'Inde (photo Koshyk).

« Ces informations sont très préoccupantes », estime Tito Joseph, responsable des programmes à la WSPI. « Le braconnage ne peut être enrayé que si nous menons des opérations de renseignement coordonnées car le trafic de la faune sauvage, relevant du crime organisé international, implique des complicités dans de nombreux pays. »

D’après une estimation de 2014, l’Inde abritait alors 2.226 tigres, soit plus de la moitié de la population mondiale présumée. Toutefois, le modèle statistique utilisé par New Dehli pour ce recensement a suscité la controverse. « La méthodologie montre des lacunes statistiques fondamentales quant à l’échantillonnage et ses extrapolations », soulignait une étude menée par l’université anglaise d’Oxford et publiée le 23 février 2015 dans la revue Ecology and Evolution. Les données avaient en effet été obtenues grâce à des pièges photographiques et des relevés d’empreintes réalisés sur des zones très limitées avec un (trop) petit nombre d’individus.

Une hausse… sous réserve

Le communiqué du WSPI intervient peu après l’annonce par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Global Tiger Forum d’une hausse, inédite après un siècle de déclin, du nombre de tigres sauvages avec 3.890 individus vivant à l’état naturel. « C’est principalement en Russie, au Bhoutan, au Népal et en Inde que la population est en augmentation », précisait lundi 11 avril 2016 Ginette Hemley, la vice-présidente du WWF, expliquant cette embellie par la création d’aires protégées et de patrouilles anti-braconnage.

Toutefois, pour certains experts, cet accroissement serait dû à l’amélioration des méthodes de comptage.

TIGRESSE DANS LE PARC NATIONAL INDIEN DE BANDHAVGARH

Tigresse et ses petits en décembre 2009 dans le parc national de Bandhavgarh, créé en 1968 dans l'État du Madhya Pradesh (photo Brian Gratwick).

La viande et les os de tigre sont particulièrement prisés dans la médecine traditionnelle chinoise et atteignent aujourd’hui des prix très élevés. Pour tuer les grands félins, les braconniers ont recours aux armes à feu, au poison, aux pièges et même à l’électrocution.

La sous-espèce du tigre du Bengale (Panthera tigris tigris) est classée « en danger d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Source : South China Morning Post.