Dans un règlement relatif à l'élevage d'animaux adopté mardi 12 avril 2016, le Parlement européen a reconnu l'importance des races locales dans le développement durable. « La recherche de compétitivité dans le secteur de l'élevage d'animaux ne devrait pas aboutir à la disparition de races dont les caractères sont adaptés à des contextes biophysiques particuliers », indique notamment ce texte.

« Les ressources génétiques animales, qui forment une composante importante de la biodiversité agricole, sont essentielles au développement durable du secteur de l'élevage et permettent d'adapter les animaux aux changements de l'environnement… », précise la résolution législative. « Si leurs effectifs sont trop faibles, les races locales pourraient être menacées d'une perte de diversité génétique. » Malheureusement, c’est déjà le cas pour nombre d’entre elles, notamment sacrifiées lors des Trente Glorieuses sur l’autel de l’industrialisation agricole et de la recherche de rendements toujours plus élevés.

VACHE NANTAISE

Vache nantaise à l’écomusée du Pays de Rennes, en mai 2015 (photo Ph. Aquilon).

Selon un rapport publié par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) en novembre 2014, 80% des 179 races locales françaises appartenant à dix espèces - vache, mouton, chèvre, porc, cheval, âne, poule, dinde, oie et canard - sont aujourd’hui considérées comme menacées d’abandon par l’agriculture. Une (trop) longue liste où figurent par exemple les races bovines villard-de-lans et froment du Léon, le mouton cotentin, la chèvre du Massif central, le porc blanc de l'Ouest, le trait mulassier poitevin, l'âne du Bourbonnais, la poule d'Hergnies, le dindon noir de Sologne, l'oie de Touraine ou le canard de Bourbourg.

« Les actes juridiques de l'Union en matière de sélection animale devraient contribuer à la préservation des ressources génétiques animales, à la préservation de la biodiversité et à la production de spécialités régionales de qualité, tributaires des qualités héréditaires propres aux races locales d'animaux domestiques », souligne le nouveau règlement européen. Puissent ces louables intentions se traduire dans les faits et favoriser la sauvegarde des races domestiques dites à faibles effectifs. Avant qu’il ne soit trop tard…

Pour consulter l’intégralité de ce nouveau règlement européen : www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+TA+P8-TA-2016-0101+0+DOC+PDF+V0//FR