Bonne nouvelle pour le projet d’une cellule de conservation du bison d’Europe (Bison bonasus) en Suisse romande. Les autorités du canton de Vaud viennent en effet de délivrer un préavis positif  pour la création, dans la forêt de Suchy, d’un espace destiné à la sauvegarde du plus imposant mammifère terrestre du Vieux Continent (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2014/11/20/30993278.html).

BISON D'EUROPE EN CAPTIVITE EN ALLEMAGNE

Spécimen photographié en 2010 dans le parc allemand Wisentgehege Springe, en Basse-Saxe (photo Michael Gäbler).

Coordinateur scientifique de cette initiative soutenue par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le biologiste Alain Maibach avoue son soulagement et souligne le travail « fouillé, sérieux et pertinent » de ses collaborateurs. La prise de position de la Direction générale de l’environnement (DGE) cantonale n’était pas acquise d’avance.

Le document tant attendu est néanmoins assorti de quelques réserves liées aux déplacements de la faune locale. Ces objections portent sur l’orientation des parcs et sur la nature des clôtures. « Nous devons aussi recalculer la charge que les bisons feront peser sur les ressources de la forêt », précise Alain Maibach.

De fait, l’objectif se limiterait à l’accueil de quatre ou cinq bisons, alors qu’il était initialement question de six à dix individus. Les ruminants devraient disposer de trois enclos, dont les deux plus vastes couvriraient respectivement 51 et 46 hectares. Le troupeau passerait alternativement de l’un à l’autre.

Les clôturent hérissent les chasseurs

Pour Jean Rosset, conservateur des forêts à la DGE, « la balle est maintenant dans le camp des porteurs du projet ». Ces derniers doivent désormais élaborer un plan sectoriel forestier. Soumis à enquête publique, celui-ci devra être validé par le Département du territoire et de l’environnement du canton.

BISON D'EUROPE AU PARC ANIMALIER DE SAINTE-CROIX

Bison d’Europe en captivité au parc animalier de Sainte-Croix à Rhodes en Moselle, en août 2014 (photo Ph. Aquilon).

Promettant de « passer la vitesse supérieure », Alain Maibach annonce la mise en place de groupes de travail avec les divers partenaires du projet et « notamment les chasseurs ». Or certains d’entre eux refusent l’idée de clôtures dans le bois de Suchy. Au prétexte que « la loi garantit la liberté de circuler en forêt », ils s'opposent donc à la création de la cellule de conservation. Autre argument avancé par les chasseurs vaudois : le bison d'Europe ne serait pas une espèce endémique.

Un argument spécieux puisque l’aire de répartition traditionnelle du bison d’Europe couvrait bel et bien le territoire helvétique, comme en attestent notamment les découvertes archéologiques effectuées dans les cantons de Thurgovie, Berne et Zurich. Le bovidé a disparu de Suisse seulement au Moyen Âge...

Après avoir été classé par l’UICN « en danger » de 1996 à 2008, le bison d’Europe est considéré comme « vulnérable », c’est-à-dire soumis à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage.

Sources : 24 Heures, Le Matin.