L’Université de Strasbourg (Bas-Rhin) accueillera du mercredi 14 au vendredi 16 octobre 2015 le 28e colloque de la société francophone de primatologie (SFDP) avec, pour thème principal, la communication chez les primates.

Parmi les nombreux sujets abordés figureront, entre autres, « le suivi du comportement sexuel chez trois espèces de primates non-humains du genre Nomascus », « la variation génétique et la connectivité des populations de chimpanzés en Tanzanie et à travers l’Afrique de l’Est », « l’amélioration des conditions de vie de lémuriens issus du commerce illégal et ayant subi différents traumatismes à Madagascar », « les évidences indirectes d'infanticide chez les gorilles de l'Ouest », « la contrebande de spécimens de chimpanzés dans les institutions scientifiques : approche historique de la constitution de la collection du Muséum national d’histoire naturelle (XIXe-XXIe siècles) » ou encore « l’étude du comportement exploratoire chez le microcèbe murin : corrélations entre personnalité et morphologie ».

AFFICHE COLLOQUE PRIMATOLOGIE 2015

Institution savante à vocation d’échange et de partage, la SFDP regroupe aujourd’hui 200 membres issus d’une grande diversité de milieux scientifiques et professionnels. Depuis deux ans, elle est présidée par le vétérinaire Brice Lefaux, membre de l’association depuis 1996 et directeur du parc zoologique et botanique de Mulhouse (Haut-Rhin). Sous son mandat, la société s’est davantage intéressée aux thématiques transdisciplinaires touchant notamment la conservation des primates.

Le zoo de Mulhouse s’implique

Lors de cette édition 2015, l’établissement zoologique alsacien présentera trois communications dont deux concernant une étude récemment lancée par le parc sur la gestion de populations de primates et plus particulièrement des capucins à poitrine jaune (Cebus xanthosternos) et des gibbons à favoris - le gibbon à  favoris roux ou gibbon de Gabrielle (Nomascus gabriellae), le gibbon à favoris blancs du Nord (Nomascus leucogenys) et le gibbon à favoris blancs du Sud (Nomascus siki) - dont les programmes d'élevage européens en captivité (EEP) sont gérés par le zoo de Mulhouse.

FEMELLE GIBBON A FAVORIS BLANCS DU NORD

Femelle gibbon à favoris blancs du Nord en captivité au zoo de Mulhouse en août 2015 (photo Ph. Aquilon).

Celui-ci soutient l’approche intégrée de la planification de la conservation des espèces, prônée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et son groupe de spécialistes de l’élevage pour la conservation (CBSG). Baptisée One plan approach, cette démarche entend développer des stratégies de gestion et de conservation impliquant tous les acteurs impliqués in ou ex situ dans la sauvegarde des différentes populations d’une espèce.

Le zoo de Mulhouse soutient actuellement trois projets de protection concernant des primates dans leur milieu naturel menés par :

- l’organisation non gouvernementale West African Primate Conservation Action (WAPCA). Fondée en1995 et regroupant notamment 11 zoos européens, elle intervient dans forêts tropicales guinéennes. Cette initiative se préoccupe plus particulièrement de la sauvegarde du cercopithèque diane de Roloway (Cercopithecus diana roloway) et du mangabey couronné (Cercocebus atys lunulatus). Endémiques du Ghana et de la Côte-d’Ivoire, ces deux singes sont classés en danger d’extinction par l’UICN.

CERCOPITHEQUE DIANE DE ROLOWAY

Le cercopithèque diane de Roloway figure sur la liste actuelle des 25 primates les plus menacés au monde établie par l’UICN. Ici, un spécimen élevé au zoo de Mulhouse en août 2015 (photo Ph. Aquilon).

- l’association européenne pour l’étude et la conservation des lémuriens (AEECL), organisation dirigée par un consortium européen de zoos et d’universités œuvrant depuis plus de 30 ans au nord-ouest de Madagascar pour la protection et l’étude de lémuriens menacés. Le zoo de Mulhouse a d’ailleurs la responsable des EEP du lémurien aux yeux turquoise (Eulemur flavifrons), du lémurien couronné (Eulemur coronatus) et du lémurien à ventre roux (Eulemur rubriventer).

- l’association Anoulak, créée en 2014 par Camille N.Z Coudrat au Laos et dont l’objectif consiste à développer et  renforcer une approche scientifique et « préservationniste » de la biodiversité de la réserve naturelle de Nakai-Nam Theun, où survit une des plus grandes populations de gibbons à favoris blancs du Nord. Cette espèce est considérée comme en danger critique d’extinction par l’UICN.

Pour découvrir le programme détaillé de ce 28e colloque : www-sfdp.u-strasbg.fr/colloques/pdf/sfdp_2015_programme_final.pdf