Endémique des forêts tropicales d’altitude, le hocco de Koepcke (Pauxi koepckeae) vit uniquement dans la chaîne montagneuse d’El Sira, au centre du Pérou, à une altitude généralement comprise entre 1.100 et 1450 mètres. Décrit en 1969, il a été considéré comme une sous-espèce du hocco unicorne (Pauxi unicornis) avant d’être érigé au statut d’espèce à part entière en 2011 et aussitôt classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa très petite population est en effet victime de la chasse pour sa chair et de la destruction de son habitat. Après sa découverte, le hocco de Koepcke, particulièrement discret, n’avait plus été observé par les scientifiques pendant plus de trois décennies jusqu’à ce que sa présence soit confirmée par des témoignages locaux en 2003 puis des observations directes en 2005.

Actuellement, le nombre d’adultes se situerait sous le seuil des 250 individus. Ce cracidé au bec rouge vif et au plumage noir orné d’un mince filet blanc à l’extrémité de la queue mesure entre 85 et 95 cm. Il arbore un casque bleu pâle plus petit et plus rond que celui du hocco unicorne. Le régime alimentaire de ce gallinacé se compose de fruits, de graines, de végétaux tendres, de larves et d’insectes. Son nom scientifique  est un hommage à l’ornithologiste germano-péruvienne Maria Koepcke.

Pour la première fois et grâce à 22 « caméras-pièges », une expédition conduite par des chercheurs des universités de Glasgow (Écosse) et Exeter (Angleterre) a obtenu en 2015 des vidéos de cet oiseau rarissime. Ces images exceptionnelles ont été dévoilées voici quelques jours.

L’ours à lunettes

« Nous avons été stupéfaits par les résultats incroyables que nous avons obtenus », a déclaré le chercheur Andrew Whitworth au site Mongabay.

En effet, les caméras ont également immortalisé plus de 145 autres espèces d’oiseaux, 41 d’amphibiens, 30 de mammifères, dix de lézards et sept de serpents. Trois grenouilles et deux lézards pourraient même être inconnus de la science. Concernant les mammifères, outre des jaguars, des fourmiliers géants, des tapirs terrestres et des pumas, les caméras ont filmé des ours à lunettes (Tremarctos ornatus), obtenant la première preuve de leur présence dans la réserve communale El Sira, créée le 23 juin 2001 et couvrant 616.413 hectares. Selon les biologistes anglo-saxons, cette découverte élargit de quelque 540.000 hectares l’aire de répartition de l’ours andin – inscrit comme vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN, la plus proche population jusqu’alors référencée se trouvant à une centaine de kilomètres.

Pour accéder directement aux images du hocco de Koepcke, cliquez sur l’image :

Sources : Mongabay, UICN.