Faire (mieux) connaître les vautours et le rôle majeur joué par ces nécrophages dans la chaîne alimentaire, dénoncer les rumeurs sur ces rapaces, sensibiliser le grand public aux menaces planant sur ces oiseaux aux caractéristiques exceptionnelles, l’informer des programmes de réintroduction et des mesures de protection…

Organisée chaque premier samedi de septembre depuis 2009, la « Journée Internationale de sensibilisation aux vautours » revêt une importance toute particulière à l’heure où, en France, la présence des vautours fait l’objet d’une polémique lancée par des informations mensongères. Sorties et observations sur le terrain, conférences ou encore expositions doivent permettre de réhabiliter l’image des quatre espèces présentes dans le ciel français - les vautours fauve (Gyps fulvus) et moine (Aegypius monachus), le percnoptère (Neophron percnopterus) et le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) - et de souligner l’intérêt des programmes de réintroduction.

JOURNEE INTERNATIONALE DE SENSIBILISATION AUX VAUTOURS

Deux géants fragiles

Grâce à 38 zoos et à cinq centres d'élevage européens, près de 235 gypaètes barbus ont été relâchés depuis 1986 dans les Alpes françaises, suisses, autrichiennes et italiennes, ainsi qu'en Andalousie et dans les Cévennes. Disparu du massif alpin français depuis les années 1930, le « casseur d’os » y a été réintroduit à partir de 1987, avec un premier relâcher sur la commune du Reposoir, en Haute-Savoie.

En 2014, la population de gypaètes barbus en France s’élevait à 53 couples, dont 39 dans les Pyrénées, 9 dans les Alpes et 5 en Corse. Depuis juin 2012, huit gypaètes ont été relâchés dans les Grands Causses avec l’espoir que ces jeunes oiseaux forment un noyau de population dans le Massif central et permettent des échanges entre les populations alpines et pyrénéennes.

GYPAETE BARBU

Gypaète barbu en captivité (photo Ph. Aquilon).

Avec une envergure atteignant jusqu’à 2,85 mètres, le vautour moine est - avec le gypaète - le plus grand rapace du Vieux Continent. En France, cette espèce a disparu au début du XXème siècle, l’ultime mention historique concernant un adulte tué en 1906 dans les gorges de la Jonte. Les premières réintroductions ont eu lieu en 1992 et, aujourd’hui, le nombre de vautours moines atteint 30 couples dans l’Hexagone. Avec un effectif estimé entre 1.700 et 1.900 couples, ce rapace reste l’un des plus menacés d’Europe. Très fragmentée, sa population s’étend du sud des Balkans à l’Espagne.

Du Maine-et-Loire aux gorges de la Jonte

Jadis présents dans toute la chaîne pyrénéenne, dans les Grands Causses et au sud des Alpes, les vautours fauves ont disparu de France entre 1920 et 1940, à l’exception de quelques spécimens survivant dans les Pyrénées occidentales. Les premières libérations réussies ont eu lieu en décembre 1981 dans les gorges de la Jonte. Grâce aux efforts de réintroduction, l’effectif total de l’espèce s’élève désormais à quelque 1.500 couples nicheurs.

VAUTOUR FAUVE

Vautour fauve à la réserve de la Haute-Touche, dans l’Indre, en avril 2015 (photo Ph. Aquilon).

Le vautour fauve bénéficie d’un studbook européen (ESB), c’est-à-dire le second niveau de programme d'élevage pour les espèces en danger, géré par le zoo espagnol de Jerez de la Frontera.

En 1983, le Bioparc de Doué-la-Fontaine (49) fut le premier établissement zoologique français à confier des oiseaux à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) à des fins de réintroduction. Cette année-là, un poussin né au Bioparc retrouvait  la liberté dans les Cévennes. Une trentaine de vautours fauves nés à Doué-la-Fontaine ont depuis été relâchés dans la nature. Cet automne 2015, un jeune spécimen de cinq mois dénommé Igloo rejoindra les montagnes de Bulgarie.

Le parc du Maine-et-Loire s’implique particulièrement dans la sauvegarde des vautours. En 1993, un premier vautour moine avait été réintroduit par le Bioparc dans les Grands Causses. Et dans quelques semaines, Imer sera le septième représentant de son espèce né à Doué-la-Fontaine à prendre son envol dans la nature.

VAUTOUR MOINE

Vautour moine au Bioparc de Doué-la-Fontaine en août 2015 (photo Ph. Aquilon).

Patrimoine pyrénéen

Parmi ses seize « Projets Nature », le Bioparc soutient également la conservation du percnoptère en France, où la population du plus petit vautour européen a connu un déclin important au siècle dernier, passant d’environ 175 couples en 1935 à moins de 40 en 1995. Depuis le début des années 2000, ses effectifs ont progressé lentement pour remonter à 92 couples en 2011. Néanmoins, sa présence reste faible et morcelée entre les Pyrénées-Atlantiques, abritant 45 % des couples répertoriés, et la région méditerranéenne, de l’Hérault aux Alpes-de-Haute-Provence. Avec une population estimée entre 10.000 et 15.000 individus en Europe, le percnoptère est classé « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

VAUTOUR PERCNOPTERE

Vautour percnoptère (photo Ph. Aquilon).

Comme l’ours ou l’isard, le percnoptère - ou Maria Blanca en béarnais - appartient au patrimoine pyrénéen. Ce vautour à la face jaune a ainsi donné son nom au célèbre col de Marie-Blanque, devenu un haut lieu du Tour de France.

Informations complémentaires sur cette « Journée Internationale de sensibilisation aux vautours » 2015 :

http://journee-vautours.lpo.fr  (en français)

http://www.vultureday.org/2015/index.php (en anglais).