Parmi les plus rares au monde, quelques dizaines d’œufs de géospize des mangroves (Camarhynchus heliobates) sont sur le point d’éclore à la station de recherches Charles Darwin de Puerto Ayora sur l'île de Santa Cruz, dans l’archipel des Galápagos (Équateur), grâce au financement de l’organisation de conservation britannique Galapagos Conservation Trust (GCT). Ces œufs ont été prélevés puis incubés afin d’élever les futurs poussins en captivité. En effet, en milieu naturel, près de 95 % des oisillons meurent durant la saison de reproduction, notamment après avoir été infectés par les larves hématophages de la mouche Philornis downsi (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2014/03/16/29445990.html).

GEOSPIZE DES MANGROVES

Le géospize des mangroves se nourrit essentiellement d’insectes, de larves, d’araignées et de végétaux. Il ressemble beaucoup au géospize pique-bois (Camarhynchus pallidus), une espèce commune sur l’archipel. À la différence du pinson pic, le géospize des mangroves n’utilise pas les épines de cactus pour extraire sa nourriture sous l'écorce des arbustes (photo Michael Dvorak).

En février 2015, trente œufs ont donc été ramassés dans la  forêt de Playa Tortuga Negra, surIsabela, la plus grande îlede l'archipel. Ils ont ensuite été transportés par bateau à la station de recherche, située à 130 kilomètres du lieu de collecte. Les premiers œufs ont éclos durant la première quinzaine de mars.

Des prédateurs introduits par l’Homme

Mené conjointement par la Fondation Charles Darwin et la direction du Parc national des Galápagos, le projet de sauvegarde du géospize des mangroves -Mangrove Finch Project- a été initié en 2014 afin de restaurer la population de ce pinson de Darwin. L’an dernier, 15 oiseaux ont ainsi été élevés en captivité puis lâchés en liberté. « Avec une population si réduite confrontée à une telle pression de la part d’espèces introduites par l’homme, ces mesures constituent la meilleure solution à court terme pour ce géospize », estime Ian Dunn, directeur général du Galapagos Conservation Trust. Chats féraux, petites fourmis de feu (Wasmannia auropunctata), fourmis de feu tropicales (Solenopsis geminata), anis à bec lisse (Crotophaga ani) et surtout rats noirs (Rattus rattus) figurent parmi les principaux prédateurs du rarissime passereau insulaire.

STATION CHARLES DARWIN

Inaugurée en 1964, la station de recherches Charles Darwin se consacre à l'étude et à la sauvegarde de la faune et de la flore des Galápagos (photo TriiipleThreat).

La population totale du géospize des mangroves atteint à peine 80 individus. En 2015, seuls douze couples reproducteurs ont été identifiés sur une surface d’environ 32 hectares. Classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), cet oiseau parmi les plus rares au monde possède aussi l’une des aires de répartition les plus limitées.

Source : Galapagos Conservation Trust.