Arrivé tout jeune à la Ménagerie du jardin des plantes de Paris le 22 août 1896 en provenance du Sénégal, un hippopotame du nom de Kako, plus tard surnommé « le Terrible », défraya la chronique de son temps en tuant les gardiens Laudy et Lancelle à quelques semaines d’intervalle pendant l’été 1903.

KAKO

(Coll. particulière)

Dans l’émission Les Pieds sur terre diffusée vendredi 19 décembre 2014 sur France Culture, Sonia Kronlund revient sur une autre histoire tragique d’hippopotame survenue à la fin du siècle dernier, celle de Komir et de Jean Ducuing. Lundi 1er  novembre 1999, jour de la Toussaint, l’animal fétiche du zoo de Bordeaux-Pessac s’échappait de son enclos et tuait le fondateur du zoo aquitain. Un drame de la jalousie selon de nombreux témoins, le directeur ayant noué avec l’animal une relation hors normes, allant jusqu’à glisser sa tête entre ses énormes mâchoires. « Entre Komir et moi, c’est une vielle histoire d’amitié », aimait à répéter Jean Ducuing aux visiteurs inquiets.

Plusieurs versions circulent sur les origines de  cet animal. Alors âgé de 3 ans, il serait arrivé au parc en 1976, année même de la création du zoo. D’après le reportage radio, il aurait été confié par un dresseur de cirque allemand. Selon le quotidien Libération, l’artiste travaillait pour le cirque Jean Richard. Une autre source mentionne la naissance de Komir au zoo de Francfort en Allemagne. Quoi qu’il en soit, le petit hippo devenu grand était l’emblème et la mascotte de l’établissement.

JEAN DUCUING ET KOMIR

Jean Ducuing et Komir (Coll. particulière).

Galerie de l’Évolution

Après la mort de « Jeannot » Ducuing, Komir vécut dans son enclos jusqu’au 9 juin 2000, date à laquelle il mourut d’une occlusion intestinale provoquée par l’ingestion d’une balle en mousse.

Aujourd’hui, Komir trône au cœur de la caravane des animaux de la savane dans la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d'histoire naturelle de Paris où il a remplacé l’hippopotame du duc d’Orléans. « Un très beau spécimen, assure le taxidermiste Jack Thiney, avec son poil dans les oreilles, ses magnifiques dents en ivoire et son vrai crâne. » Une particularité rarissime, les spécimens naturalisés aujourd’hui ne possédant plus aucune pièce du squelette.

L’émission évoque une seconde histoire aux airs de conte, celle d’Huberta, le plus célèbre hippopotame d’Afrique du Sud. Quittant en novembre 1928 son point d’eau dans le Zoulouland, il parcourut près de 1.600 kilomètres durant les trois années suivantes, devenant une vedette et attirant les foules sur son passage. Lors de sa traversée de Durban, l’animal aurait été escorté par quatre motards ! Cet hippopotame était même considéré comme la réincarnation d’un grand chef zoulou.

HUBERTA

Surnommé Hubert par la presse de l’époque, « l’hippopotame voyageur » était considéré à tort comme un mâle. Après sa mort, cette femelle fut donc rebaptisée Huberta (photo Gutted Arcades of the Past / Domaine public).

Finalement abattue par des chasseurs malgré la protection officielle dont elle jouissait, Huberta fut naturalisée à Londres. Accueilli par près de 20.000 personnes à son retour en Afrique du Sud, cet hippopotame est toujours visible au musée Amathole à King William dans la province du Cap-Oriental.

Pour réécouter ou podcaster cette émission : http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-l%E2%80%99hippopotame-2014-12-24