Comment protéger les éléphanteaux d’Asie des ravages causés par les herpèsvirus ? Voici quelques semaines, Biofaune a relaté les avancées de la recherche concernant notamment les origines et les modes de transmission des sept espèces d’elephant endotheliotropic herpesviruses (http://biofaune.canalblog.com/archives/2014/10/14/30760624.html). Menés par le Dr Gary Hayward et son équipe, ces travaux constituent une étape importante pour la mise en place d'outils de diagnostic et pour le développement de nouvelles approches thérapeutiques des maladies potentiellement mortelles provoquées par ces virus. Un autre espoir est venu cette semaine des États-Unis : le zoo de Houston a en effet annoncé que deux éléphanteaux atteints par un herpèsvirus avaient été sauvés.

ENTREE DU ZOO DE HOUSTON

Entrée du zoo de Houston en janvier 2007. L’établissement texan a été fondé en septembre 1922 et s’étend aujourd’hui sur 22 hectares au sein de l’Hermann Park (photo Colin M.L. Burnett).

Selon Sharon Joseph, vice-présidente des « Opérations animales », ces succès doivent être attribués à un dépistage précoce et au partenariat initié par le zoo texan avec le Baylor College of Medicine de Houston. Les infections des deux éléphanteaux, baptisés Tupelo et Baylor, ont été diagnostiquées à quelques semaines d’intervalle grâce à des prises de sang hebdomadaires. Les tests ont révélé qu’il s’agissait de deux souches différentes d’herpèsvirus. Les recherches de l’équipe du Dr Hayward avaient d’ailleurs mis en évidence la diversité des souches.

Aucun symptôme apparent

« Si nous n’avions pas effectué ces suivis chaque lundi, rien dans le comportement des éléphanteaux ne nous aurait indiqué leur état », a déclaré Sharon Joseph au Houston Chronicle. Le traitement a donc été lancé avant même l’apparition des premiers symptômes. Finalement, les deux jeunes éléphants ont seulement présenté des signes de fatigue et une perte passagère d’appétit.

BAYLOR

 Né le 4 mai 2010, l’éléphanteau Baylor a été prénommé ainsi en hommage au Baylor College of Medicine et à ses recherches sur l’herpèsvirus des éléphants (photo Nightryder84).

La forme mortelle du EEHV provoque une infection lytique massive ciblant les cellules endothéliales et entraînant une hémorragie des principaux organes. Les éléphants présentent alors un œdème de la tête et des membres, des ulcères buccaux, une langue cyanosée, des yeux injectés de sang, et sont victimes de tachycardie.

Entre 1988 et 2008, six éléphanteaux nés au zoo de Houston seraient morts du EEHV. Après la disparition de l’éléphanteau Mac le 11 septembre 2008 à l’âge de deux ans, l’établissement a mis en place les tests sanguins pour l’ensemble de ses éléphants.

« Au cours de ces deux derniers mois, nous avons beaucoup appris et nos protocoles de soins ont été affinés grâce à ce que nous avons appris, a déclaré Sharon Joseph. Il n’est pas question d’excès de confiance mais nous avons le sentiment d’avoir réalisé les choses correctement et cela a fait la différence. »

Source : Houston Chronicle.