Indicateur privilégié de la situation de la biodiversité, la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) célèbre cette année ses 50 ans.

La genèse de cet inventaire mondial sur l’état de conservation global des espèces végétales et animales remonte pourtant au-delà du demi-siècle. Dès 1933, l’américain John C. Philips, pionnier du mouvement environnemental, prône ainsi la nécessité d'une liste des espèces menacées. Il souhaite notamment recueillir des fonds pour mener des études sur les mammifères disparus ou en voie de disparition. Le 5 octobre 1948, à la suite d'une conférence internationale à Fontainebleau, l’Union internationale pour la protection de la nature est portée sur les fonts baptismaux. Elle prendra son nom actuel - Union internationale pour la conservation de la nature - en 1956.

PRELIMINARY LIST OF RARE MAMMALS

Preliminary List of Rare Mammals

Dès 1949, en collaboration avec l’Unesco, l’UIPN crée le Survival Service. Outre un objectif de recherches scientifiques, cette instance entend informer les décideurs politiques de la problématique des espèces menacées d’extinction. Dix ans plus tard, la Commission de la sauvegarde des espèces (Species Survival Commission), sous la houlette du lieutenant-colonel Leofric Boyle, rédige un premier recueil de données sur 34 espèces de mammifères considérées comme menacées.

En 1962, ce document se décline en deux volumes et s’intitule Animaux et végétaux menacés d'extinction. Enfin, en 1964, la Liste préliminaire des mammifères rares (Preliminary List of Rare Mammals) et la Liste des oiseaux rares (List of Rare Birds) sont publiées pour la première fois : la Liste rouge de l’UICN est officiellement née.

LIST OF RARE BIRDS

List of Rare Birds

Échelle des menaces

Témoins d’une approche scientifique toujours plus rigoureuse, les catégories et critères en matière de risques d’extinction -  Éteint, Éteint à l’état sauvage, En danger critique d’extinction, En danger, Vulnérable, Quasi-menacé, Préoccupation mineure, Données insuffisantes, Non évalué – ont été édictés en 1994.

CATEGORIES UICN

À l’heure où une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères sont menacés d’extinction, la Liste rouge permet notamment d'identifier les espèces soumises aux risques les plus élevés et de cibler au mieux les efforts de conservation.

Parmi les principaux contributeurs figurent notamment Birdlife International, la Société Zoologique de Londres (ZSL), le Centre de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMC) et les centaines de bénévoles des différents groupes de spécialistes de la Commission de la sauvegarde des espèces.

Bientôt une Liste verte

Pour célébrer le succès de la Liste rouge, plusieurs bâtiments emblématiques de Londres devraient être baignés d’une lumière rouge en soirée durant la semaine du samedi 15 au samedi 22 novembre 2014. L’Association européenne des zoos et des aquariums (EAZA) a également appelé ses membres à participer à cette célébration en éclairant en rouge l’entrée de leur établissement durant une soirée ou tout au long de cette semaine.

MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE DE LONDRES

À l’occasion du cinquantenaire de la Liste rouge, le musée d'histoire naturelle de Londres sera le cadre, samedi 22 novembre 2014, d’un dîner de gala puis du bal Biophilia destiné à recueillir des fonds pour la conservation (photo David Iliff. License : CC-BY-SA 3.0).

Directrice exécutive de l’EAZA jusqu’à fin septembre dernier, le Dr. Lesley Dickie soulignait dans le numéro 86 de la revue Zooquaria publié cet été que « la Liste rouge est primordiale pour les plans de collection des zoos et aquariums responsables dont certains ont d’ailleurs contribué aux évaluations de la dite Liste ».
Par ailleurs, le Dr. Dickie mettait en avant le rôle de la Liste rouge dans l’orientation de l’aide annuelle - estimée à quelque 100 millions d’euros - des membres de l’EAZA pour la conservation in situ.

En parallèle à la Liste rouge, une Liste verte devrait également voir le jour à l’initiative de l’organisation non gouvernementale Wildlife Conservation Society, dont le siège se trouve au zoo du Bronx à New-York (États-Unis). Elle doit mettre en avant les espèces en plein essor dans des écosystèmes sains. Complémentaires, les Listes rouge et verte témoigneraient ainsi des deux facettes de la conservation, laquelle ne se limite pas seulement à prévenir des extinctions annoncées…

Voici le lien vers une vidéo (en anglais) présentant le rôle de la Liste rouge de l’UICN : http://www.youtube.com/watch?v=w7GQZsGmW5Y

Sources : UICN, EAZA.