Encore une bonne nouvelle pour les requins ! Hier, vendredi 12 septembre 2014, le gouvernement de l'État d'Australie-Occidentale a renoncé à sa politique de capture et d'élimination des requins à proximité des plages, en raison de l'objection des services de l'environnement.  Son premier ministre, Colin Barnett, a déclaré que les drumlines – des palangres de surface ancrées avec des lignes appâtées - ne seraient plus utilisées durant le prochain été austral. Désormais son gouvernement envisage uniquement la capture des squales « repérés à plusieurs reprises dans une même zone ».

RIVAGE D'AUSTRALIE-OCCIDENTALE

Bord de mer en Australie-Occidentale (photo Dinkum).

À l'origine, 72 hameçons appâtés et attachés à des palangres devaient être installés chaque année, de novembre à avril, au large des plages fréquentées. Prévue jusqu'en 2017, cette mesure était  censée protéger les nageurs en attrapant tout requin de plus de 3 mètres approchant à moins d’un kilomètre des côtes. Or l'Autorité pour la protection de l'environnement (EPA) s'était opposée à cette réglementation relevant que « l'évaluation scientifique de l'impact sur la population des requins blancs du sud-ouest de l'Australie était largement insuffisante ». De son côté, la Société australienne de conservation des aires marines avait jugé cette réglementation « inappropriée au regard de son coût environnemental pour des résultats sur la sécurité du public mal évalués ».

Aucun « grand blanc » capturé

Le gouvernement d'Australie-Occidentale avait adopté cette mesure l'été dernier, à titre expérimental, après sept attaques mortelles contre des humains en trois ans (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2012/10/02/25234586.html).

Plus de 170 requins, essentiellement des requins-tigres (Galeocerdo cuvier), avaient alors été capturés en treize semaines. Les plus gros spécimens - une cinquantaine - avaient été tués. En revanche, aucun requin blanc (Carcharodon carcharias) n’avait mordu aux hameçons ! Pourtant cette espèce, considérée comme « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et classée en Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), était particulièrement visée car responsable des deux dernières attaques fatales, en novembre 2013.

GRAND REQUIN BLANC

Grand requin blanc près de l’île mexicaine de Guadalupe, dans l’océan Pacifique, à quelque 250 kilomètres des côtes de la péninsule de la Basse-Californie (photo Sharkdiver.com).

Le plan d'abattage gouvernemental avait divisé la population d’Australie-Occidentale et déclenché la colère des associations de défense de l'environnement. Plusieurs manifestations avaient réunion des milliers d’opposants à ces mesures.

Jusqu’à l’été 2012, Colin Barnett avait d’ailleurs exclu tout programme d'abattage, arguant que les grands requins blancs vivaient dans la mer et présenteraient toujours un risque pour l'homme. Puis il avait de brusquement viré de cap, déclarant notamment qu’« il ne s’agissait après tout que d’un poisson ». Un simple poisson pourtant garant, depuis le milieu du Miocène, de la biodiversité océanique…

Sources : AFP, Le Monde.