Carnets de voyage d'Envoyé spécial, la version estivale du magazine hebdomadaire de la rédaction de France 2, diffusera jeudi 3 juillet 2014 un reportage de Laurent Dy consacré aux parcs animaliers. Avec quelque 20 millions de visiteurs par an, les zoos occupent une place de choix dans le paysage touristique hexagonal. Saison après saison, leur succès ne se dément pas et les « enquêtes » télévisuelles sur les coulisses des zoos fleurissent depuis quelques années sur les différentes chaînes. Avec plus ou moins de sérieux et de crédibilité…

Depuis un demi-siècle, les parcs zoologiques ont considérablement évolué et ont -pour la plupart- revu leurs missions à travers notamment la mise en place de programmes européens (EEP) ou l’institution de studbooks (ESB) pour les espèces en danger. La sauvegarde animale ex situ, la participation à des missions de protection sur le terrain ou l’éducation du public constituent les nouvelles missions de ces établissements, que d’aucuns préfèrent désormais appeler « bioparcs » voire centres d’élevage. Pour autant, leurs détracteurs les perçoivent souvent comme de simples parcs d’attractions et continuent à leur dénier une quelconque utilité dans la protection de la faune sauvage. Une polémique où les beaux discours de certains parcs relèvent surtout d’arguments commerciaux et le disputent trop souvent aux partis pris parfois teintés d’anthropomorphisme de leurs opposants.

VALLE DES RHINOS OK

La vallée des rhinocéros noirs du Bioparc de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, couvre plus de deux hectares. Les rhinocéros y cohabitent avec des gazelles damas (Gazella dama ruficollis), des gazelles dorcas (Gazella dorcas neglecta), des oies armées de Gambie (Plectropterus gambensis), des oies d'Égypte (Alopochen aegyptiaca), des pintades de Numidie (Numida meleagris) et des cigognes blanches (Ciconia ciconia) (photo Ph. Aquilon).

Des enjeux complexes

La question de la pertinence, voire du bien-fondé, des parcs zoologiques aujourd’hui s’avère aussi passionnante que complexe au regard des légitimes droits des animaux, de la disparition de leurs habitats naturels, des critères scientifiques définissant le bien-être animal, du délicat sujet des individus surnuméraires -avec en arrière-plan l’euthanasie admise comme mode de régulation par certains professionnels et  fermement récusée par d’autres, des progrès accomplis par la science récente de la réintroduction des espèces dans leur aire de répartition originelle ou encore de l’explosion du braconnage jusqu’au cœur des réserves et des sanctuaires les mieux protégés.

Le sujet appelle une véritable réflexion, fondée sur des arguments valides et valables étayés par les travaux des chercheurs, des biologistes ou des éthologues comme par l’expérience des acteurs de terrain in et ex situ, sans oublier la prise en compte de la situation globale d’une planète en péril.

À défaut de pouvoir apporter une réponse par essence nuancée si elle existe, puisse cet énième reportage poser avec objectivité les bonnes questions aux bons interlocuteurs… Le réalisateur ayant notamment mené son enquête dans les allées et les coulisses du Bioparc de Doué-la-Fontaine, autrefois zoo des Minières -et le changement de nom revêt ici tout son sens, le téléspectateur est en droit de l’espérer.

Parcs animaliers, la grande mue, jeudi 3 juillet 2014 à 20 h 45 sur France 2.