Aujourd’hui, dimanche 25 mai, est célébrée la Journée mondiale des poissons migrateurs (World Fish Migration Day). Cet événement souhaite notamment alerter l’opinion publique internationale sur la nécessité de préserver - ou restaurer - les voies de migration au sein des cours d’eau et les liaisons entre rivières, deltas et océans. Ces « passes » sont en effet essentielles à leur survie des poissons migrateurs.

WORLD FISH MIGRATION DAY

Des espèces comme le saumon, la truite, l'alose, la lamproie, l'esturgeon, le poisson-chat géant ou encore l'anguille sont en effet menacées par les obstacles que constituent barrages, retenues et écluses construits pour la gestion de l'eau, l'hydroélectricité ou le drainage des terres. Or, partout dans le monde, des millions de gens dépendent de ces poissons qui constituent leur principal moyen de subsistance et leur première source de protéines.

Deux exemples parmi tant d’autres…

Le mahseer (Tor putitora), un membre de la famille des cyprinidés parfois appelé « poisson des dieux », illustre bien les dangers pesant sur nombre d’espèces migratrices. Ce poisson remonte des lacs et des cours inférieurs des rivières de l’Inde et du Pakistan jusqu’aux eaux rapides des contreforts de l’Himalaya. Or plusieurs projets hydroélectriques ou liés à l’irrigation ont fragmenté et détérioré son habitat naturel. Depuis 2010, l’espèce est classée en danger d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En l’absence de mesures urgentes, ce poisson atteignant jusqu’à 2,75 mètres pour une masse d’une cinquantaine de kilos risque de s’éteindre dans plusieurs zones de son aire de répartition.

GRAND ESTURGEON

Avec une taille record de 7,2 mètres et une masse pouvant dépasser 1,5 tonne, le grand esturgeon est le plus gros poisson d'eau douce (illustration Robbie Cada).

Quant au grand esturgeon ou béluga européen (Huso huso), il est désormais considéré en danger critique d'extinction par l'UICN. En raison de la surpêche et de la disparition de ses sites de reproduction à cause de barrages, cet esturgeon est éteint régionalement en mer Adriatique et en mer d'Azov.

Selon les spécialistes, la population sauvage a chuté de plus de 90% au cours des 60 dernières années. La surpêche et le braconnage pour sa chair et surtout ses œufs – à partir desquels est élaboré le caviar – risquent de provoquer la disparition totale des dernières populations sauvages.

Pour en savoir plus : www.worldfishmigrationday.com

Source : UICN.