Des travaux leur octroient la médaille de bronze de l’intelligence animale ! Au-delà d'un tel podium, les perroquets sont dotés d'une intelligence reconnue depuis longtemps et unanimement. Doués d'une mémoire exceptionnelle, certains spécimens peuvent, selon les sources, assimiler entre 150 et 800 mots et comprendre le sens de certains termes. Avec les mainates, les perroquets sont les seuls animaux susceptibles de reproduire la parole humaine.

« Le cerveau des perroquets est proportionnellement plus volumineux que celui des autres espèces et le striatum, siège de l’intelligence chez les oiseaux, plus développé », relève Dalila Bovet, biologiste et maître de conférences au laboratoire d’éthologie et de cognition comparées de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

CACATOES DE LEADBEATER

Cacatoès de Leadbeater (Lophochroa leadbeateri) en captivité à Artis, le parc zoologique d'Amsterdam aux Pays-Bas (photo Arjan Haverkamp).

Le gris du Gabon ou jaco (Psittacus erithacus) est généralement considéré comme le meilleur parleur et le plus intelligent des perroquets. Les capacités de l’un d’eux, baptisé Alex -acronyme d’Avian Learning Experiment- ont été étudiées par la neurochimiste Irène Pepperberg à l’université de Brandeis dans le Massachusetts (États-Unis). « Il avait le niveau d’intelligence d’un enfant de cinq ou six ans même si ses capacités de communication étaient celles d’un enfant de deux ans et demi », assure Mme Pepperberg.

« Alex avait appris à discerner une cinquantaine d'objets, à distinguer sept couleurs, cinq formes et les chiffres jusqu’à huit. Nous avons réussi à prouver qu’il savait compter exactement comme nous. » Ce perroquet avait également acquis les concepts de petit et grand, d’égal et différent et de l’absence. Alex pouvait situer différents objets dans l’espace. « Il parlait à n’importe qui entrant dans le laboratoire. Il était évident qu’il comprenait ce qu’il disait ! » Alex aurait même compris la notion de zéro.

GRIS DU GABON

Seule espèce du genre Psittacus, le perroquet gris du Gabon est classé vulnérable, c’est-à-dire confronté à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage, par l’Union internationale pour la conservation de la nature (photo Quartl).

Toutefois, comme le relève Dalila Bovet, Irène Pepperberg a élevé Alex loin de ses congénères, le motivant ainsi à parler. En outre, la mise en place d’une stratégie de privation aurait contribué aux performances de ce gris du Gabon dont les apprentissages ont été développés selon la méthode du modèle-rival.

Susceptibles d’utiliser des objets et de recourir à des stratégies élaborées pour se nourrir, les perroquets développent par ailleurs des relations sociales complexes. Une hypothèse veut aussi que leur intelligence ait été favorisée par leur monogamie.

Réalisé par Anne-Cécile Perrin et Véronique Vila, un reportage radio est parti à la rencontrede chercheurs et de passionnés pour « une exploration scientifique, animale et humaine, en cage ou en liberté » de l’intelligence des perroquets. Diffusé lundi 14 avril 2014 dans l’émission de France Culture Sur les docks, ce documentaire donne la parole à Irène Pepperberg, Dalila Bovet,Muriel Alnot-Perronin,vétérinaire à l’école nationale vétérinaire d’Alfort, le naturaliste de terrain Marc Giraud, Suzy Liebart-Guasch, consultante en comportement aviaire et présidente fondatrice de l’Association européenne du perroquet, etYseult di Marco, chirurgien dentiste et éleveuse de huit perroquets dans sa maison de la région parisienne.

Pour (ré)écouter cette émission ou la podcaster :http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-%C2%AB-l%E2%80%99intelligence-du-perroquet-%C2%BB-2014-04-14