L’appel lancé en mai 2013 par les aquariophiles de la Société zoologique de Londres (ZSL) et du zoo de la capitale anglaise afin de trouver une femelle à deux rarissimes cichlidés a rencontré un écho phénoménal à travers le monde (voir l’article suivant sur ce blog : http://biofaune.canalblog.com/archives/2013/05/10/27125046.html).

Endémique de Madagascar, le cichlidé de Mangarahara (Ptychochromis insolitus) semblait avoir disparu à l’état sauvage à cause de la déforestation et du détournement de la rivière Mangarahara pour irriguer les cultures de riz. Les trois derniers spécimens connus, uniquement des mâles, étaient hébergés dans les aquariums des zoos de Londres et de Berlin.

CICHLIDE DE MANGARAHARA MALE

L’un des deux cichlidés de Mangarahara mâles hébergés au zoo de Londres, ici photographié en mars 2009 (photo Erlend Bjørtvedt).

Des centaines de propriétaires privés d'aquariums, de pêcheurs et de scientifiques ont contacté Brian Zimmerman, conservateur de l’Aquarium du zoo anglais, afin de lui prodiguer conseils, soutien et suggestions. Parmi eux, un homme d’affaires, propriétaire d’une ferme à Madagascar. Il avait reconnu le poisson dont il assurait avoir aperçu des spécimens près d’une ville isolée du nord de l’île. Composée d’aquariophiles du zoo de Toronto (Canada) ainsi que de Brian Zimmerman et Kienan Parbles pour la ZSL, une expédition est alors partie sur les traces du cichlidé de Mangarahara.
Après des jours de vaines recherches, il ne restait guère d’espoir de retrouver quelques poissons survivants lorsque l’équipe s’est arrêtée dans un petit village construit sur la rive d'un ancien affluent aujourd’hui isolé de la Mangarahara.

AQUARIUM DU ZOO DE LONDRES

L’actuel aquarium du zoo de Londres a été construit en 1921 près des célèbres Mappin Terraces (photo Chris Sampson).

Dix-huit spécimens transférés en aquaculture

Avec le concours de villageois, des zones de recherches ont été délimitées à l’aide de filets. Et soudain, l’un des derniers cichlidés de Mangarahara survivants dans la nature a été identifié !

 « Nous sommes tout simplement ravis, assure Brian Zimmerman. Nous n’étions plus guère optimistes tant la Mangarahara ressemble à un désert pour cause de déforestation et d’agriculture intensive. »

« Heureusement, ces cichlidés possèdent des techniques de survie remarquables et sont parvenus à dénicher l’un des tout derniers points d'eau où subsister. Cependant leur nombre est restreint et l'eau stagnante n’est pas un habitat idéal pour cette espèce. Désormais, nous allons faire tout notre possible pour protéger ces ultimes spécimens. »

APPEL DU ZOO DE LONDRES

La campagne de recherches lancée par la Société zoologique de Londres a eu un retentissement mondial.

Dans le cadre du projet de sauvegarde Fish Net (1), Brian Zimmerman et son équipe ont transféré 18 cichlidés de Mangarahara dans une installation d'aquaculture privée de Madagascar. Là, les poissons recevront des soins appropriés avec l’espoir de naissances tandis que des programmes de conservation ont été lancés pour sauver l’espèce de l'extinction.

(1) Initié par la ZSL et regroupant des zoos, des aquariums, des centres de recherches et des universités, Fish Net a pour objectif d’empêcher l’extinction d’espèces de poissons d’eau douce menacées.

Source : ZSL.