Publiée vendredi 15 novembre 2013 dans la revue Science, une étude conduite par le Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) de l’université de Montpellier (Hérault) a dévoilé une liste de 78 sites identifiés comme « irremplaçables » pour la conservation des espèces. Ces sites représentent 137 aires protégées dans 34 pays, dont la France avec le Parc naturel régional de la Martinique et le Parc national de la Guadeloupe.

PARC NATIONAL DE CANAIMAFigurant parmi les 78 sites retenus, le Parc national de Canaima au Venezuela abrite le Salto Angel, chute d'eau la plus élevée du monde (photo Yosemite).

Menés en collaboration avec diverses organisations internationales, ces travaux ont calculé l'"irremplaçabilité" de chaque aire protégée, à partir d'une base de données forte de 173 000 aires protégées terrestres et de 21 500 espèces recensées dans la liste rouge des espèces menacées établie par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’étude française propose aussi des pistes concrètes afin d’améliorer l'efficacité de ces zones protégées pour la sauvegarde de la biodiversité.

À classer de toute urgence

À eux seuls, les 78  « hotspots » hébergent l’essentiel des populations de quelque 600 espèces d'oiseaux, amphibiens et mammifères, menacées de disparition pour la moitié d’entre elles.  En outre, ces sites abritent des espèces endémiques à l’instar du canard sauvage de Laysan (Anas laysanensis), une espèce classée en danger critique d'extinction par l’UICN et survivant dans l’archipel d’Hawaï (États-Unis) ou des 13 espèces d'amphibiens présentes dans le Parc national de Canaima, sur le plateau des Guyanes au Venezuela. Ce dernier a été déclaré Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco en 1994.

CANARD DE LAYSANLe canard de Laysan - ici un mâle - est endémique des îles hawaïennes, l’un des 78 sites répertoriés par l’équipe montpelliéraine (photo Jimmy Breeden).

Et si d’autres aires protégées sont également inscrites à  la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, comme les îles Galapagos (Équateur), le Parc national de Manú (Pérou) ou les Ghats occidentaux (Inde), la moitié de la surface recouverte par ces aires protégées ne bénéficie pas d’une telle reconnaissance selon l’étude montpelliéraine. Laquelle évoque notamment le Parc national des Montagnes Udzungwa (Tanzanie), les zones humides de la péninsule de Zapata (Cuba) ou le Parc naturel national de la Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie), site jugé par les scientifiques « le plus irremplaçable au monde pour les espèces menacées ». Or le classement au patrimoine mondial de l'Unesco permettrait, selon les chercheurs, « d’assurer une protection plus efficace de l'exceptionnelle biodiversité de ces aires ».

Source : France 3 Languedoc-Roussillon.