Pour la première fois depuis 1998, un piège photographique installé dans une forêt au centre du Vietnam a photographié en septembre dernier un saola (Pseudoryx nghetinhensis) a annoncé mercredi 13 novembre 2013 le WWF (World Wildlife Fund).

« Quand nous avons découvert les photos, nous n'en croyions pas nos yeux. Le saola est le saint Graal des zoologistes d'Asie du Sud-Est », a affirmé Van Ngoc Thinh, responsable du WWF au Vietnam. « Cette découverte stupéfiante relance l’espoir de sauvegarder cette espèce. »

SAOLA 01L’exceptionnel cliché pris dans une forêt vietnamienne en septembre 2013 (photo DR).

Surnommé la licorne asiatique, ce bovidé est certainement l’un des animaux les plus rares au monde. Sa population est estimée à quelques centaines d’individus et l’espèce est classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Une créature mythique découverte en 1992

Longtemps considéré comme relevant du mythe, le soala a été découvert dans la cordillère annamitique en 1992, au cœur du parc national de Vũ Quang, lors d’une expédition menée conjointement par le Ministère des Forêts vietnamien et le WWF. Cette mission avait trouvé trois crânes conservés chez des chasseurs. Le soala a ensuite été officiellement décrit dans un article publié en 1993 par la revue scientifique Nature. Il devint alors le plus gros mammifère découvert lors des cinquante dernières années.

SAOLA 03Le saola mâle capturé en août 2010 par des villageois laotiens est mort après quelques jours de captivité (photo Bolikhamxay Provincial Conservation Unit).

En août 2010, un saola a été capturé par des villageois au Laos. Ce mâle adulte est mort après quelques jours de captivité, avant que l’équipe de l’UICN et de la Wildlife Conservation Society (WCS) dépêchée sur place par les autorités de la province de Borikhamxay n’aient pu le relâcher dans son milieu naturel. La précieuse dépouille de ce spécimen a toutefois été récupéré par les chercheurs de l’UICN.

Cousin de la vache, la chèvre et l’antilope

Craintif, le saola survit dans les forêts humides s’étendant de part et d’autre de la frontière entre le Vietnam et le Laos, à une altitude comprise entre 300 et 1800 m.

Toisant 90 cm au garrot et mesurant près d’un 1,50 m pour une masse avoisinant le quintal, le saola possède un long cou et une petite tête ornée de cornes légèrement recourbées vers l’arrière. Évoquant celles de l’oryx (d’où l’appellation de Pseudoryx), elles atteignent jusqu’à 45 cm chez les mâles.

SAOLA 02Durant la saison des pluies, les saolas vivent dans les forêts de montagne. En hiver, ils se déplacent vers les plaines. Très timides, ils ne s’approchent jamais des villages et des champs (photo Wikipedia).

Arborant une robe brun foncé rehaussée d’une raie noire le long du dos, le saola possède des pattes sombres tachetées de blanc sur les pieds. La face se caractérise par des bandes verticales blanches sur les joues et les arcades sourcilières ainsi que des tâches claires sur le nez et le menton.  Situées dans un repli du museau et utilisées pour le marquage territorial, les glandes à musc du saola seraient parmi les plus volumineuses du règne animal.

Le cliché obtenu en septembre dernier apporte ainsi une lueur d’espoir pour l’avenir de cette espèce emblématique du Sud-Est asiatique.