« C’est officiel : le lapin gris de Touraine est homologué. » Samedi 9 novembre 2013, Yves Vervialle, président de l’Union des amateurs de la géline de Touraine et autres races de basse-cour tourangelles (UAGT), a annoncé la  nouvelle attendue lors de l’inauguration de l’exposition célébrant le centenaire de la géline de Touraine. Survenant un siècle, presque jour pour jour, après celle de la célèbre poule noire, cette reconnaissance a eu lieu à Loches (Indre-et-Loire), l’ancienne place forte royale étant considérée comme le berceau de la race.

LAPIN GRIS 01(Photo Ph. Aquilon)

Carotte sur le gâteau du centenaire

La veille, Jean-Jacques Ménigoz, président de la fédération française de cuniculiculture, avait soigneusement examiné les quelque vingt-cinq spécimens présentés à l’Espace Agnès-Sorel afin de juger de leur conformité avec le standard du lapin gris. Celui-ci  arbore notamment une robe gris clair, fruit d’une réparation homogène des pointes noires des poils recteurs. La longueur des poils avoisine 3 cm. En revanche, le ventre comme le dessous de la queue restent blancs.

LAPIN GRIS 03Le lapin gris de Touraine est classé parmi les races de taille moyenne. Ici, le meilleur mâle de l'exposition lochoise (photo Ph. Aquilon).

Vifs et brillants, les yeux possèdent un iris gris clair au reflet bleuté. Pesant idéalement entre 3,750 et 4,5 kg, le lapin gris de Touraine présente un aspect ramassé et massif avec une musculature régulièrement répartie sur une ossature équilibrée. La ligne dorsale harmonieuse se termine par une croupe bien arrondie. S’il existe, le fanon doit être le plus réduit possible chez la femelle et absent chez le mâle. Le standard mentionne également la présence d’une zone plus foncée sur  la tête, légèrement busquée. Velues et bien serrées à la base, les oreilles mesurent entre 11 et 13 cm.

L’ancien lapin du Lochois

Pour autant, le lapin gris de Touraine n’est pas né d’hier ! Avérée semble-t-il dès le début du XXe siècle, sa présence dans la région serait plus ancienne encore. Dans les années 1950-1960, ce lapin était très commun dans le sud de la région tourangelle et déjà connu sous l’appellation « gris de Touraine ». Cependant, à la différence  de la blanche oie de Touraine ou de la noire géline, ce lapin n’avait jamais été reconnu comme race officielle.

LAPIN GRIS 04Chez le gris de Touraine, le liseré des oreilles doit être légèrement marqué, comme chez cette femelle (photo Ph. Aquilon).

Il va ensuite sombrer peu à peu dans l’oubli jusqu’à l’orée du XXIème siècle.  En 2000, une poignée d’éleveurs part sur ses traces et dénichent quelques individus, essentiellement chez des personnes âgées. Ils décident alors de faire renaître ce lapin de ses –presque- cendres et de le faire reconnaître comme race officielle.

Trois présentations avant le sésame

Le 5 octobre 2010, une réunion se tient en ce sens à Veigné, sur les rives de l’Indre, à une trentaine de km au nord-ouest de Loches. Une trentaine de sujets sont soumis à l’avis du secrétaire de la commission des standards de la fédération française de cuniculiculture. Après avoir débattu du travail restant à accomplir pour finaliser la race et le standard, la décision est prise : dès le lendemain,  la demande officielle d’homologation est adressée par courrier à la fédération.

LAPIN GRIS 02Les portées du lapin gris de Touraine, race assez prolifique, comptent en moyenne entre 7 et 9 lapereaux (photo Ph. Aquilon).

Une première présentation a lieu le 15 décembre 2011 à Saint-Amand-Montrond (Cher) puis une deuxième l’automne suivant, le 22 novembre 2012, à Montluçon (Allier).  La troisième et dernière a donc eu lieu vendredi 8 novembre 2013 à Loches avec près de 25 spécimens fruits de la sélection d’une dizaine de passionnés. Race à faibles effectifs, le lapin gris de Touraine doit maintenir séduire un nombre croissant d’éleveurs pour assurer son avenir.

Le Salon du centenaire de la géline de Touraine a par ailleurs accueilli le championnat de France de la race et le challenge régional de l’oie de Touraine dont voici quelques clichés.

JARS DE TOURAINE OKRéputée pour ses talents de gardienne comme pour sa chair délicate et son développement rapide, l'oie de Touraine s'approvisoire aisément. Ici, le jars de Touraine sacré champion régional (photo Ph. Aquilon).

 

GELINE 02Plutôt fine, la tête de la géline de Touraine se caractérise, entre autres, par un bec noir et fort à pointe blanche, une crête rouge et droite et des oreillons rouges sablés de blanc en leur centre comme chez ce coq, sacré champion de France cette année (photo Ph. Aquilon).

 

GELINE 01Poule rustique pèsant entre 2,5 et 3 kg, la géline de Touraine se distingue par son plumage noir aux reflets métalliques comme chez cette femelle désignée championne de France 2013 (photo Ph. Aquilon).

Sources : brochure du Centenaire de la géline de Touraine, La Nouvelle République.