Lancé en 2012 afin de récompenser les éleveurs s’engageant à sauvegarder et valoriser économiquement une race domestique à faible effectif, le « Prix national de la Fondation du Patrimoine pour l’agro-biodiversité animale » vient d’être reconduit et bénéficiera cette année du haut patronage du ministère de l’Agriculture.

Un beau défi pour les passionné(e)s du patrimoine animal domestique qui disposent là d’une vitrine médiatique pour mieux faire connaître du grand public la race qu’ils aiment et défendent.

CUL NOIR DU LIMOUSIND’origine très ancienne, le cul noir du Limousin était autrefois présent dans toute l’aire occidentale du Massif Central. Aujourd’hui, la répartition de la race se limite essentiellement à la Haute-Vienne et à la Dordogne. Ici, un spécimen élevé au parc animalier de Gramat, dans le Lot (photo Ph. Aquilon).

Gratuit, le concours est ouvert à la fois aux particuliers et aux personnes morales publiques ou privées résidant en France. Groupements agricoles, conservatoires régionaux des races, syndicats et associations à but non lucratif sont notamment concernés.

Pour cette seconde édition, le jury privilégiera trois critères :

° la valeur économique du projet,

° son impact social ou environnemental,

° les actions de sensibilisation et de communication menées autour d’une race à préserver,  qu’il s’agisse de bovins, caprins, porcins, équidés, volailles et autres animaux de basse-cour ou encore de chiens de travail.

TRAIT MULASSIERMâle poitevin à la robe gris fer. Très faible au début de la décennie 1990, la population des traits poitevins a bénéficié dès 1998 d’un plan d’accouplement pour éviter la consanguinité. Afin de favoriser la remontée des effectifs, les éleveurs privilégient actuellement la reproduction en race pure et ont quasiment abandonné la production de mules (photo Ph. Aquilon).

Qui succèdera à la poule noire du Berry ?

Plus de soixante-dix candidats avaient participé à la première édition de ce prix initié par la Fondation du Patrimoine et le laboratoire vétérinaire Ceva. Le Club français de la poule noire du Berry, une exploitation vendéenne élevant en « biodynamique » des vaches maraîchines, des chèvres poitevines mais aussi des poules de Marans et de Barbezieux, et l’Association de Sauvegarde du chien berger de Crau avaient été récompensés (voir http://biofaune.canalblog.com/archives/2013/03/18/26663697.html).

ANE DU BOURBONNAISOfficiellement reconnu en 2002, l’âne du Bourbonnais a failli disparaître au milieu des années 1990. Ses effectifs restent faibles avec environ 200 spécimens (photo Eponimm).

Le montant du prix, susceptible d’être partagé entre trois lauréats, a été doublé et atteint 20.000 euros. Les vainqueurs seront récompensés lors du prochain Salon de l’agriculture qui se tiendra du 22 février au 2 mars 2014 Porte de Versailles, à Paris.

Pour de nombreuses races domestiques françaises, l’avenir reste fragile avec des effectifs très (trop) faibles comme, par exemple, pour le poney landais, les chevaux de trait poitevin ou auxois, l’âne bourbonnais, les vaches armoricaines, béarnaises, lourdaises ou marines, les chèvres des Savoie ou à cou-clair du Berry, la brebis brigasque, les moutons castillonnais comme du Cotentin ou encore les porcs blanc de l’Ouest ou cul noir du Limousin.

OIES DU POITOUJadis très réputée pour sa chair, son duvet et sa peau, l’oie du Poitou a été victime de la concurrence des matières synthétiques au point de quasiment disparaître. En 2009, moins d’une centaine de spécimens étaient recensés. Voici quelques oies du Poitou parmi des oies de Toulouse à bavette, à la Maison de l’âne, près de Beauvoir-sur-Mer, en Vendée (photo Ph. Aquilon).

Une liste malheureusement non exhaustive à laquelle s’ajoutent des races canines (berger des Alpes, briquet de Provence, chien français blanc et orange, grand anglo-français blanc et orange, épagneul de Pont-Audemer…) et diverses races de lapins (blanc de Vendée, sablé des Vosges, angora français…), de poules (bourbourg, charollaise, contres, courtes-pattes, gâtinaise, houdan, janzé, landaise, poule de Mantes…), de canards (blanc de l’Allier, cou-nu…), d’oies (oie flamande, de Touraine…), de dindons (noir du Gers, noir de Sologne, rouge des Ardennes…) et de pigeons (boulant d’Alsace, huppé de Soultz, manotte d’Artois, mulhousien, roubaisien…).

 Pour participer, il suffit de télécharger le dossier de candidature à l’adresse suivante : www.fondation-patrimoine.org/prix-agro

Les dossiers de candidature doivent être retournés à la Fondation avant le lundi 16 décembre 2013.

 

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Fondation du Patrimoine, 23/25, rue Charles Fourier, 75013 Paris. Tél. : 01.53.67.76.00.

Site : www.fondation-patrimoine.org

Sources : Fondation du Patrimoine, DUBOIS Philippe J., PÉRIQUET Jean-Claude, ROUSSEAU Élisa, Nos animaux domestiques, Le tour de France d’un patrimoine menacé, Delachaux et Niestlé, 2013, 305 p., Haras nationaux.