Une étonnante « première » vétérinaire a été réussie mi-septembre 2013 par le zoo d’Anvers (Belgique) : les « cornes » d’un okapi mâle ont été raccourcies par intervention chirurgicale. Une telle opération n’avait jamais été réalisée sur cette espèce et comportait des risques certains. En effet, les ossicônes des girafidés comme l’okapi (Okapia johnstoni) sont faits d’os et appartiennent au squelette de l’animal. Ces ossicônes diffèrent donc des cornes des bovidés (bovinés, antilopes, caprins…), formées de kératine et couvrant des chevilles osseuses. Recouverts par de la peau et des poils, les ossicônes croissent depuis un cartilage situé à leur base. Seuls les okapis mâles arborent des ossicônes au-dessus des os frontaux.

OKAPI ANVERSLe mâle Bondo en pleine forme après son opération (photo zoo d’Anvers).

Femelle en danger

À force d’être frottés contre les murs, les ossicônes de Bondo étaient devenus particulièrement acérés au point que ce mâle de 13 ans aurait pu sérieusement blesser ses congénères et notamment la femelle Yenthe. Par précaution, Bondo n’était plus sorti en sa présence dans l’enclos extérieur. En outre, l’animal souffrait. L’une de ses « cornes », fendue à cause des frottements répétés, saignait régulièrement. Le vétérinaire de l’établissement flamand  a donc décidé de raccourcir les ossicônes de ce spécimen précieux dans le cadre du programme européend'élevage et de conservation (EEP).

Boules de cuir au bout des « cornes »

Né le 13 août 2000 à Anvers et père à deux reprises, Bondo n’a pas eu de descendant depuis septembre 2008. Sa lignée présente donc un intérêt génétique évident pour la sauvegarde de l’espèce ex situ. Le zoo d’Anvers, gérant le livre généalogique de l’okapi au niveau mondial et coordonnant l’EEP, souhaite par conséquent que Bondo se reproduise encore.

Jusqu’à présent, les parcs animaliers confrontés à ce phénomène plaçaient des bouchons de cuir à l’extrémité des « cornes » des mâles afin d’éviter qu’ils ne blessent les femelles.

Source : Zoo d’Anvers.