Fille, petite-fille, arrière-petite-fille de vétérinaire, Florence Ollivet a suivi le chemin familial, (presque) tout tracé, menant à l'École nationale d’Alfort. Là, pourtant, la jeune femme emprunte un sentier non banalisé et semé d’embûches : celui de spécialiste en faune sauvage.

Au début des années 1990, malgré leurs rêves d’apprentis Daktari, les futurs vétérinaires ne reçoivent en effet aucun enseignement dans ce domaine. La formation aux soins à la faune sauvage passe alors par les stages. Florence suivra ainsi des meutes de loups dans les Laurentides (Canada), soignera lamantins et alligators durant son séjour à l’université de Gainesville (Floride), deviendra «Cheetah Prey» pendant un été passé au zoo de Knoxville (Tennessee) avant de conclure son cursus par un stage de fin d’études au zoo de Paris-Vincennes où elle sera finalement engagée à temps partiel.

FLORENCE OLLIVET COURTOIS

Consultante pour le parc animalier de Thoiry, la jeune véto reprend finalement la route des États-Unis grâce à un dragon de Komodo. Là-bas, au zoo de Washington, elle enrichit ses connaissances et son expérience auprès du Dr Lucy Spelman et s’imagine travailler en Amérique lorsqu’un coup de téléphone de routine…

Un sacerdoce haut en rebondissements

Devenue aujourd’hui l’unique vétérinaire libérale à exercer en France exclusivement sur la faune sauvage, l’auteur relate dans cet ouvrage ses «histoires de véto» tour à tour émouvantes, drôles ou dramatiques : le transfert sur une planche à roulette XXL d’une femelle rhinocéros blanc dans les allées du Centre d'acclimatation zoologique de Monaco, la poursuite épique d’un markhor échappé du Grand Rocher, la douloureuse naissance par césarienne d’un oryx ou l’euthanasie de Siam, le légendaire éléphant mâle dont le destin a été récemment évoqué sur ce blog.

Florence Ollivet avoue d’ailleurs sa fascination pour les géants gris. Ces derniers ont marqué non seulement sa vie professionnelle mais aussi personnelle. Ainsi, une intervention à l’issue tragique sur Kuala, l’une des pensionnaires du zoo de Vincennes, permettra à la jeune femme d’imaginer un système de relevage des éléphants pour éviter la mort de ces colosses par arrêt cardiaque massif mais aussi de rencontrer son futur mari, pompier professionnel qui l’accompagne et la seconde lors de certaines interventions.

Gare à l’excès de fruits !

Même si le docteur Ollivet-Courtois fait montre de discrétion, les lecteurs avertis reconnaîtront, au gré des anecdotes, ici tel établissement zoologique ou tel cirque, là tel ou telle vétérinaire lié(e) au petit monde des parcs animaliers. Grand public, Un éléphant dans ma salle d’attente intéressera aussi les passionnés en dévoilant quelques protocoles de soins ou les causes de diverses pathologies. Ainsi découvre-t-on les ravages de la consommation excessive de fruits chez certaines espèces comme le panda roux ou le magot.

Aux plus anciens, l’ouvrage évoquera Le vétérinaire volant de David Taylor ou Ces bêtes qui m’ont fait homme du Dr Michel Klein dont la silhouette, me semble-t-il, apparaît dans un chapitre du livre… Auprès des plus jeunes, il suscitera ou confortera certainement quelques vocations.

OLLIVET-COURTOIS Florence & OVERNOY Sylvie, Un éléphant dans ma salle d’attente, aventures d’une vétérinaire, Belin, 2012, 238 p., 18 €.