Si elle n’a pas la célébrité de ses consœurs spécialistes des primates, la zoologiste Ann Innis Dagg est cependant l’une des figures majeures de la mammalogie contemporaine. Paru en 1977, son ouvrage sur les girafes constitue toujours la référence sur les mœurs et la biologie de Giraffa camelopardalis. Ann Dagg publia également des travaux consacrés à l’écologie du chameau et à ses relations avec l’Homme.

ANN DAGG

Quelques années avant Jane Goodall et Dian Fossey, cette Canadienne partit sur le terrain en mai 1956 afin d’étudier les girafes en Afrique du Sud et dans l’est du continent noir. Armée d’un solide bagage universitaire, elle observa non seulement les girafes (découvrant au passage l’homosexualité chez les géantes de la savane) mais elle s’intéressa aussi aux relations sociales et politiques qui régnaient alors dans une Afrique du Sud vivant sous le régime de l’apartheid.

Titulaire d’une maîtrise en génétique obtenue en 1956 à l’Université de Toronto (Ontario), Ann Dagg a également décroché en 1967 un doctorat en comportement animal à l’Université de Waterloo (Ontario) où travailla longtemps cette féministe convaincue, auteur d’un ouvrage au titre éloquent, Love Of Shopping Is Not A Gene. Associée de recherche au zoo de Taronga à Sydney (Australie) en 1967-1968,  Ann Dagg enseigna aussi la biologie et la mammalogie de 1968 à 1972 à l'Université de Guelph (Ontario).

OUVRAGE ANN INNIS DAGG

 DAGG INNIS Ann, The giraffe, its biology, behavior and ecology, New York, Van Nostrand Reinhold Company, 1976, 210 p.

«Scientifique politique dans le meilleur sens du terme» comme le souligne le paléontologue Jean-Louis Hartenberger dans son livre Grandeurs et décadence de la girafe, Ann Innis Dagg, née le 25 janvier 1933 à Toronto, a soufflé ses 80 bougies vendredi dernier.