J’évoquais la semaine dernière l’originale cohabitation entre lions (Panthera leo) et mangoustes jaunes (Cynictis penicillata) initiée par le zoo d’Anvers (Belgique). Tout s’est parfaitement passé les premiers jours, les mangoustes quittant leur repère souterrain avec prudence et demeurant constamment aux aguets. Pourtant, lundi, l’une d’entre elles a été victime d’un excès de confiance fatal en abandonnant sa position d’alerte sur deux pattes et en se baladant (trop) tranquillement dans l’enclos où se trouvait la lionne Caitlin. Celle-ci a alors pu saisir sa proie.

Enclos Anvers 01

(Photo Zoo d'Anvers).

 Face à la triste fin de la mangouste, le zoo a revu la procédure d’introduction et allongé la période de transition. Les mangoustes jaunes doivent apprendre à s’adapter aux félins et ont besoin de davantage de temps pour fuir. Elles peuvent se réfugier dans leur enclos privatif ou via le labyrinthe en sous-sol constitué de tunnels et de 40 bouches d’évasion. Des fils électriques vont donc être installés pour permettre aux deux espèces de continuer à sortir ensemble. Freinée par les fils, la lionne devrait perdre peu à peu son intérêt pour les mangoustes et ne plus les chasser continuellement. 

Les observations en continu se poursuivent afin de mieux interpréter les comportements. Si nécessaire, l’installation sera encore modifiée.

Enclos Anvers 02

(Photo Zoo d'Anvers).

Faire cohabiter deux espèces dont l’une peut être prédatrice de l’autre comporte évidemment des risques. D’aucuns s’en offusquent et estiment que pareil risque ne doit pas être couru. Pourtant n’est-ce pas là le prix à payer pour que certaines espèces développent des comportements aussi proches que possible de ceux qu’elles adoptent à l’état sauvage, sachant que la réintroduction dans le milieu d’origine constitue (normalement) l’un des objectifs des parcs animaliers modernes ?

Source : zoo d'Anvers.