Aujourd’hui, la sauvegarde des espèces menacées passe généralement par la mise en place de mesures conjointes de protection sur le terrain (in-situ) et de programmes d’élevage en captivité (ex-situ). Certaines réussites en ce domaine sont souvent évoquées comme celles relatives au cheval de Przewalski ((Equus ferus), à l’oryx d'Arabie (Oryx leucoryx) ou encore au vautour fauve (Gyps fulvus).

Alors que les 7es journées internationales d’observation des gypaètes barbus (Gypaetus barbatus) viennent de se terminer (voir l’article du 8 octobre), le parc animalier des Pyrénées a annoncé voici quelques jours son souhait de contribuer à la sauvegarde de ce magnifique vautour dont l’envergure peut atteindre 2,80 m.

Créé en 1999 à Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées), le parc des Pyrénées va ainsi accueillir un couple de gypaètes barbus à des fins de reproduction et de réintroduction des jeunes dans le milieu naturel. Ces oiseaux lui seront confiés par le Dr Hans Frey, coordinateur du programme européen d’élevage (EEP) pour cette espèce.

Volière(Image Parc animalier des Pyrénées)

Les visiteurs découvriront ce couple l’année prochaine, dans la volière construite à leur intention dans la nouvelle partie de cet établissement consacré à la faune sauvage européenne.

Au cours du siècle dernier, le gypaète barbu a disparu de la plupart des massifs montagneux où il nichait en Europe. Depuis 25 ans, ce rapace bénéficie toutefois d’un important programme de réintroduction sur le « Vieux continent ».

De retour dans les Grands Causses

En juin 2012, un projet a notamment été lancé dans les Grands Causses du Massif central avec l’espoir que les jeunes gypaètes relâchés forment un noyau de population et établissent le lien entre les populations alpines et pyrénéennes. Les gypaètes des Pyrénées, des Alpes et du Massif central pourraient alors constituer une métapopulatio  ouest européenne, augmentant les chances de survie à long terme de l’espèce.
Nés en captivité, deux premiers gypaètes ont été réintroduits avec succès le 13 juin en Lozère. Le mâle, baptisé Basalte, est né le 12 mars dernier au Tierpark Berlin (Allemagne). Cardabelle, la femelle, a vu le jour le 15 mars 2012  au Centre d’élevage andalou de Guadalentin (Espagne). Relâchés par la technique dite du « taquet », les oiseaux ont été déposés dans un site rupestre favorable puis ont  pris leur envol spontanément et par leurs propres moyens, après une période d’acclimatation au site. Le mâle s’est envolé le 6 juillet tandis que la femelle a attendu le 20. Un troisième jeune gypaète n’a malheureusement pas survécu. Déjà très amaigri lors de son transfert, Meijo, un mâle originaire du zoo d'Ostrava (République tchèque) et élevé au centre catalan de Vallcalent (Espagne), est mort peu après son arrivée sur le site de lâcher. Son décès a vraisemblablement été provoqué par une septicémie colibacillaire généralisée.

Débutés cette année, les lâchers dans les Grands Causses se poursuivront durant au moins dix ans. Qui sait si, un jour, un gypaète né au parc des Pyrénées ne survolera pas les gorges de la Jonte ?

 

À l’heure actuelle, trois parcs français élèvent des gypaètes barbus : le ZooParc de Beauval (41), le Grand Parc du Puy-du-Fou (85) et Les Aigles du Léman à Sciez (74).

Sources : http://rapaces.lpo.fr,  Parc animalier des Pyrénées (www.parc-animalier-pyrenees.com).