Campagne de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé, le « Jour de la Nuit » aura lieu samedi 13 octobre.

Ouvert à tous,  cet événement se décline à travers près de 500 manifestations et animations organisées par différentes structures, associations et collectivités locales  partout en France. Inscrit cette année dans le cadre de l’Année internationale de l’Energie durable pour tous et l’Année internationale de la chauve-souris,  cette 4e édition mettra la maîtrise de l’énergie et la biodiversité nocturne à l’honneur. Malgré leur statut d’espèces protégées, certains chiroptères sont ainsi menacés d’extinction à cause d’éclairages nocturnes artificiels.

Jour de la nuit

Balades nature, sorties pour écouter les animaux, observations des étoiles avec des astronomes avertis, expositions et conférences figurent au programme de cette fête de la nuit noire. En parallèle, les villes sont invitées à éteindre symboliquement une partie de leur éclairage public.

Aujourd’hui, la nuit est en effet confrontée à la montée d’une pollution lumineuse issue d’une généralisation de l’éclairage artificiel, lequel engendre un gaspillage d’énergie important, trouble les écosystèmes et fait disparaître le ciel étoilé.

Insectes et oiseaux migrateurs directement touchés

Des centaines de milliers d’insectes meurent à cause de nos éclairages abusifs.  Un banal lampadaire ferait 150 victimes chaque nuit ! Attirés par la lumière, ils sont notamment victimes de la chaleur dégagée par les luminaires ou restent piégés dans les sources lumineuses extérieures. Une parfaite étanchéité de ces dernières limiterait l’hécatombe quotidienne ; Laquelle a des conséquences sur l’équilibre des réseaux trophiques, toutes les espèces n’étant pas touchées pareillement.

Les sources lumineuses excessives  affectent par exemple  les mécanismes d’orientation et les capacités des vers luisants ou les lucioles à trouver un partenaire en période de reproduction.  Elles modifient aussi, chez certains animaux, la sécrétion de mélatonine, hormone intervenant dans le contrôle des rythmes biologiques, entraînant des désordres dans les processus d’alimentation, de croissance, reproduction ou de migration. L’horloge interne des escargots serait par exemple déréglée.

Vue de l'Europe la nuit

L'Europe de nuit vue par satellite (photo Science Photo Library/NOAA).

Les oiseaux migrateurs, qui se déplacent fréquemment de nuit, risquent de heurter des bâtiments ou les ponts quand ceux-ci sont équipes de signaux lumineux, notamment lors des nuits nuageuses. Ils confondent aussi les structures en verre ou en acier éclairées avec des surfaces liquides et s’y écrasent en tentant de se poser. En outre, les grandes longueurs d’ondes (émises par les lumières jaune et rouge) brouillent les magnéto-récepteurs et désorientent les animaux migrateurs. À Chicago, la simple extinction d’immeubles de bureaux a permis de réduire de 88% le nombre des collisions mortelles ! Le cas échéant, des stores ou des films spéciaux peuvent aider l’oiseau à repérer et contourner l’obstacle.

Enfin, n’oublions pas les mammifères de nos bois et forêts comme les renards, les blaireaux ou les chevreuils qui s’aventurent dix fois moins vers les lisières éclairées avec, à la clef, la réduction et la fragmentation de leur espace vital.

Alors samedi soir, à la couchée du jour, extinction des feux !

 Pour trouver une manifestation près de chez soi, rendez-vous sur le site : www.jourdelanuit.fr/

 Sources : Le Jour de la Nuit, revue Salamandre.