Lundi dernier,  j’évoquais sur ce blog la parution du rapport  « Priceless or worthless ? » de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la Société zoologique de Londres (ZSL) sur les cent espèces les plus menacées de la planète. Parmi celles-ci, la tortue à soc (Astrochelys yniphora) dont il ne subsiste, à l’état sauvage, qu’entre 450 et 770 individus vivant dans le parc national de la Baie de Baly, au nord-ouest de Madagascar. La tortue à soc, ainsi baptisée à cause de son plastron muni d’une proéminence antérieure à l’image d’une charrue, occupe une aire de répartition de 12 km2 à proximité de la ville de Soalala. À l’âge adulte, elle mesure 50 cm de long et atteint 10 kg.

Tortue à soc

La tortue est soc est localement appelée "angononoky" (Photo turtleconservancy.org).

Outre la réduction de son habitat, la principale menace pesant sur cette tortue, très prisée pour la beauté de sa carapace, est le trafic illégal. En Chine, des particuliers déboursent jusqu'à 3.800 euros pour acquérir des tortues à soc comme animaux de compagnie. C’est d’ailleurs dans ce pays qu’auraient été confisqués les quelques spécimens qui ont rejoint, au cours des derniers mois, trois zoos européens parmi les plus concernés par la sauvegarde ex-situ des reptiles menacés d’extinction : le Diergaarde Blijdorp de Rotterdam, le zoo de Chester et le Durrell Wildlife Conservation Trust de Jersey. Ces tortues ont été confiées par la Kadoorie Farm de Hong-Kong, établissement œuvrant en faveur de la biodiversité dans le sud de la Chine.

Seuls trois autres parcs animaliers européens élèvent actuellement des tortues à soc : le zoo de Francfort, Pairu Daiza (Belgique) et le Reptilarium de Landau (Allemagne).

Sources : leszoosdanslemonde.com  et Zootierliste.de